Une nouvelle étude de la Banque d’Israël montre qu’à chaque fois que 100 millions de dollars ont été achetés par la banque centrale, cela a contribué à une dépréciation de 0,07 à 0,09 % du taux de change sur la période allant de 2009 à 2015.

L’étude, menée par le Dr Sigal Ribon du Département de recherche de la Banque d’Israël, examine l’effet de l’intervention de la Banque d’Israël sur le marché des changes sur le taux de change pendant cette période.

La Banque d’Israël a essayé de réduire la hausse du shekel, qui s’échange presque à son plus haut niveau depuis 2014 et pénalise les exportateurs dont les ventes sur les marchés étrangers représentent à environ un tiers du PIB du pays. Sa reprise est également due à l’arrivée de devises en raison des acquisitions par des entreprises étrangères d’entreprises locales, comme le récent achat de Mobileye par Intel Corp., et à l’impact de la production de gaz naturel, qui diminue le besoin en ressources énergétiques importées.

Après presque une décennie sans intervention sur le marché des changes, la Banque d’Israël a repris cette pratique en mars 2008. Au début, l’intervention s’est effectuée avec des montants prédéfinis, des achats de 25 millions de dollars par jour, puis de 100 millions de dollars par jour. En août 2009, la Banque a changé de politique et a opté pour des interventions sur des montants qui n’étaient pas fixés à l’avance, décrit le rapport.

Les conclusions de l’étude, qui cherche à comprendre si les interventions sur le marché ont contribué à la dépréciation du taux de change, ou au ralentissement du taux d’appréciation, indiquent que de septembre 2009 à la fin de l’année 2015, à chaque fois que la banque centrale a acheté 100 millions de dollars, cela a contribué à la dépréciation de 0,07-0,09 % du taux de change. L’objectif moyen mensuel d’achats sur la période, 830 millions, aurait eu un impact de 0,6 % sur le taux de change pendant ce même mois.

Marché boursier. Illustration. (Crédit : iStock)

Marché boursier. Illustration. (Crédit : iStock)

L’étude montre également qu’aussi bien les interventions en elles-mêmes que la politique monétaire dans son ensemble, qui a créé des attentes d’intervention, ont eu un effet sur la devise.

« L’impact de l’intervention provient également du signal envoyé par la politique monétaire de la Banque dans son ensemble, et pas simplement de l’effet direct de l’intervention sur le marché de valeurs », a montré l’étude.

L’étude a montré que la Banque Centrale intervient dans le marché « quand elle estime que le taux de change réel est surévalué par rapport au taux de change équilibré à long terme », précisait le rapport.

Le niveau de réserves en devises étrangères par rapport au PIB aurait également un impact sur l’intervention : plus le niveau est bas, plus l’intervention est efficace. Il a également été montré que l’augmentation des exportations tend à réduire l’intervention.

L’étude a aussi mis en évidence que si les risques d’une inflation sur un an sont moindres, la Banque aura plus tendance à intervenir, c’est-à-dire que l’intervention sur le marché des changes est aussi un outil pour soutenir les objectifs liés à l’inflation, selon le rapport.

La Banque centrale a récemment été mise sous pression par des critiques qui ont affirmé que sa politique d’intervention n’avait pas permis de contrôler la hausse du shekel.

En janvier, dans un entretien accordé à Bloomberg News, Barry Topf, ancien directeur du marché des opérations de la Banque d’Israël qui a participé à la mise en place du programme d’intervention sur les devises étrangères de la Banque centrale, a déclaré que l’achat de dollars qui avait aidé Israël à surmonter la crise financière mondiale pouvait à présent faire du tort à l’économie en faussant les prix. Topf suggère que la Banque d’Israël réduise sensiblement le programme, alors que le pays a triplé ses réserves en devises étrangères en moins d’une décennie.

La Banque Centrale a réduit le taux d’intérêt de référence à une valeur basse record de 0,1 % en 2015; dans un effort pour doper l’inflation et contrôler la devise, et elle l’a maintenu à ce niveau le mois dernier.

En février, Karnit Flug, la gouverneure de la Banque d’Israël, avait laissé entendre que la Banque continuerait à intervenir sur le marché lorsque ça serait nécessaire, en achetant des dollars pour garder le shekel sous contrôle.