Les adolescents israéliens sont loin derrière leurs camarades asiatiques en ce qui concerne la résolution de problèmes, selon un récent rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publié mercredi.

Sur les 44 pays étudiés et mentionnés dans le rapport, comprenant des Etats d’Europe, d’Asie du sud-est et d’Amérique latine, Israël se classe 32ème – devant le Chili, Chypre, le Brésil, la Malaisie, les Emirats arabes unis (EAU), le Monténégro, l’Uruguay, la Bulgarie et la Colombie, mais derrière la Turquie, la Slovénie, la Slovaquie, l’Espagne, la Pologne et la Russie.

Plus de 85 000 adolescents de 15 ans ont participé à l’étude, qui s’est déroulée en 2012. Les examens ont évalué les aptitudes des étudiants à résoudre des problèmes, leur capacité à prendre des décisions, leurs capacités logistiques et leur niveau de compréhension d’informations qui leur étaient transmises – des problèmes rencontrés au quotidien par un salarié sur dix, selon le rapport.

Israël est encore plus loin des pays d’Asie du sud-est et d’Europe qui trustent les premières places, tels que Singapour (en tête), le Japon (deuxième), la Corée du Sud, la Chine, le Canada, l’Australie, la Finlande, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, qui se placent quinzièmes, juste au-dessus de la moyenne de l’OCDE.

Le rapport révèle qu’en Israël, tout comme aux Emirats arabes unis, au Monténégro, en Malaisie et au Brésil, plus d’un étudiant sur cinq ne possédait pas les compétences requises à l’école primaire pour résoudre des problèmes.

Dans ces pays, la catégorie « en-dessous du niveau 1 » est « le niveau de compétences le plus répandu ». L’OCDE recommande qu’Israël mette en place des « mesures plus ciblées » pour les étudiants qui font partie de cette catégorie.

Au niveau le plus bas, les étudiants ne peuvent résoudre les problèmes que de manière limitée, uniquement s’ils ont déjà fait face à des situations similaires dans le passé. En outre, ils ne peuvent décrire que de manière partielle le fonctionnement d’un « appareil simple du quotidien. »

Toutefois, Israël possède une proportion d’élèves ultraperformants plus élevée que celle des pays dont la moyenne est équivalente. Le pourcentage d’élèves ultraperformants est de 8,8 % en Israël contre
2,2 % en Turquie.

Cela montre des différences importantes dans les aptitudes à résoudre des problèmes parmi les étudiants israéliens, avec un écart très important entre les meilleurs et les plus mauvais élèves.

Les immigrés ont obtenu de meilleurs résultats aux examens que les non-immigrés. De même, les étudiants qui n’utilisent pas d’ordinateurs à l’école se sont classés devant ceux qui en utilisent.

« Les jeunes de 15 ans d’aujourd’hui incapables de résoudre des problèmes seront les adultes de demain bataillant pour trouver ou conserver leur emploi », analyse Andreas Schleicher, membre de la direction de l’éducation de l’OCDE.

Selon le rapport, « la capacité à résoudre des problèmes est une composante essentielle des capacités nécessaires pour réaliser des tâches analytiques interpersonnelles et routinières avec succès. Dans ces deux catégories de tâches, les salariés doivent réfléchir à la manière de comprendre la situation, de surveiller en permanence l’effet de leur actions et de s’ajuster aux réactions. »

Le rapport montre que les adolescents israéliens sont loin derrière leurs camarades asiatiques et européens dans ces domaines. De manière générale, seul un participant sur cinq était en mesure de résoudre « des problèmes très directs, s’il en est, à condition qu’ils se réfèrent à des situations familières, telles que le choix dans un catalogue de meubles, présentant différentes marques, des modèles les moins chers pour meubler une chambre. »

Le rapport suggère que cela peut être une conséquence d’une forme d’éducation, qui demande aux élèves de mémoriser une série de règles afin de résoudre des problèmes – notamment des problèmes d’algèbre. En situation réelle toutefois, des problèmes qui ne peuvent être résolus en appliquant ces règles apparaissent.

Même dans un environnement scolaire, les étudiants peuvent rencontrer des problèmes qui diffèrent légèrement de ceux dont ils sont familiers et ne pas être capables de les résoudre.

C’est pourquoi, le rapport pousse les professeurs et les éducateurs à renforcer les « aptitudes requises pour réaliser des tâches non-routinières » – en d’autres termes « enseigner pour la vie et non pour l’école. »