Le ministère des Affaires étrangères aurait mis en garde le Premier ministre Benjamin Netanyahu contre la fermeture des bureaux d’Al-Jazeera en Israël, disant que cette décision pourrait nuire à l’image de l’Etat juif dans le monde.

Cette information a été publiée par le quotidien Haaretz jeudi, alors que le Bureau de presse du gouvernement a révoqué mercredi la carte de presse d’un journaliste de la chaîne, accusé d’être « un partenaire actif de la résistance palestinienne ».

Netanyahu a dit le mois dernier qu’il chercherait activement à expulser du pays la chaîne qatarie.

Quand le Conseil de sécurité nationale, supervisé par le Premier ministre, a demandé au ministère des Affaires étrangères d’envisager les réponses possibles à cette mesure, le ministère a dit au Conseil qu’il n’y « a aucun doute que tout trouble causé à Al-Jazeera et aux opérations de ses journalistes en Israël causera des dommages à l’image d’Israël dans le monde », a indiqué jeudi Haaretz.

Le ministère des Affaires étrangères a également prévenu que l’expulsion d’Al-Jazeera pourrait donner des armes supplémentaires aux détracteurs du pays, et associer Israël aux pays qui limitent la liberté de la presse.

« Des mesures comme celles-ci pourraient entraîner Israël à être présenté sur la même liste de pays que Cuba, le Venezuela et la Turquie », ont dit des fonctionnaires anonymes du ministère au journal.

Ayoub Kara, député du Likud, avant une réunion avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 30 décembre 2015. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool)

Ayoub Kara, député du Likud, avant une réunion avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 30 décembre 2015. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool)

Malgré l’opposition présumée du ministère des Affaires étrangères à cette mesure, Netanyahu et Ayoub Kara, ministre des Communications du Likud, ont accusé la chaîne d’adopter une position anti-israélienne dans ses reportages, et d’encourager les violences contre l’Etat juif.

Kara a déclaré qu’il n’était pas préoccupé par la réputation d’Israël en tant que démocratie robuste, et par son association avec des états arabes autoritaires comme l’Arabie saoudite et l’Egypte, qui ont interdit la chaîne.

« Je ne cherche pas la démocratie, je cherche la sécurité des citoyens d’Israël », a dit le ministre à la radio militaire.