L’industrie du voyage israélienne a accusé un nouveau coup lorsque l’Agence fédérale de l’aviation américaine (FAA) a recommandé que les transporteurs américains évitent l’aéroport Ben Gourion – mais pour le commerce israélien, ce n’est pas tout à fait un coup de grâce, selon le chef d’une agence de relations publiques en charge des grands salons d’affaires internationaux.

« Heureusement, il n’y a pas grand-chose en juillet et août, mais nous avons plusieurs grands événements prévus pour septembre », a déclaré Nachum Donitza.

« Si la guerre continue et qu’Israël devient synonyme de ‘vols annulés en raison de risques sécuritaires’, je crains que nous puissions affronter des temps difficiles. Mais jusqu’ici, personne n’a annulé, à ma connaissance. »

Ce n’est pas le cas chez les touristes. « La semaine dernière, des annulations massives ont été faites sur les vols et dans les hôtels, et la décision de la FAA est probablement le clou dans le cercueil. Qui voudrait voler dans un aéroport que les autorités aériennes définissent comme dangereux ? Même s’ils lèvent l’interdiction, le mal est fait », observe le professionnel du tourisme Moshe Mizrahi.

« A ce stade, il est assez clair que la ‘saison’ est morte. Quand ce sera fini, les compagnies aériennes et les hôtels devront peiner pour attirer de nouveau la clientèle. »

L’annonce de la FAA a suivi les décisions prises par United Airlines et Delta Airlines de suspendre les vols à destination d’Israël, suite aux dommages causés à une maison dans la ville de Yehud – à quelques kilomètres de l’aéroport Ben Gourion – par les éclats d’une roquette du Hamas.

La décision de la FAA a déclenché un effet domino d’annulations de vols, de sorte que le mercredi matin, la plupart des grands transporteurs américains et européens ont annulé leurs vols au moins jusqu’à mercredi soir ou jeudi matin.

Les décisions ont été légèrement atténuées mercredi matin, quand le transporteur américain US Air a indiqué qu’il reprendrait ses vols vers Israël. Des responsables de l’aviation israélienne ont affirmé qu’ils espéraient la FAA lève son interdiction après la période initiale d’avertissement de 24 heures qui devait expirer plus tard mercredi.

Dans une interview à la radio, Uzi Yitzchaki affirme qu’il n’y avait vraiment aucune raison pour que la FAA relègue Israël au même statut que les autres zones d’exclusion aérienne, comme la Corée du Nord, la Libye et l’Irak. « Nous avons eu une longue discussion avec les responsables de la FAA mardi soir et avons souligné que l’aéroport Ben Gourion est parfaitement sûr », dit-il. Le fait qu’une roquette a touché une maison à Yehud n’est pas pertinent, malgré la proximité de la ville avec l’aéroport. « Je ne peux pas entrer dans les détails des trajectoires et des mesures défensives, mais je peux vous promettre que ce qui s’est passé à Yehud n’arrivera pas à un avion au-dessus de l’aéroport, ou dans les airs, à l’atterrissage ou au décollage. »

L’aéroport international, près de Tel Aviv, est protégé par le système anti-missile du Dôme de fer israélien.

Pour les transporteurs étrangers qui désirent une option plus sûre, le ministère des Transports a ouvert aéroport Ovda, un aérodrome militaire amélioré qui gère de nombreux vols internationaux à destination d’Eilat. Il se trouve à quatre heures de route du centre du pays. Lors d’une conférence de presse mercredi, le ministre des Transports Israël Katz a déclaré que l’aéroport Ovda était prêt à accueillir des vols. « Nous avons réussi à faire des arrangements avec les transporteurs étrangers, et avec les transporteurs israéliens qui continuent bien sûr de fonctionner, ainsi que les 20 transporteurs étrangers qui sont encore en activité. »

Pour surmonter les annulations soudaines, certains passagers ont été transférés des transporteurs étrangers vers des vols d’El Al. Dans une interview à la radio, le PDG d’El Al David Maimon, a affirmé que sa compagnie aérienne avait beaucoup de ressources pour accueillir les passagers en difficulté. « Nous avons naturellement eu beaucoup d’annulations ces derniers jours, alors nous avons récupéré des passagers de vols annulés, et utilisé des avions plus gros pour accueillir encore plus de passagers. »

L’une des missions les plus importantes en ce moment, dit Katz, est de permettre à des Israéliens à l’étranger – y compris plusieurs milliers de personnes bloquées en Turquie, où El Al n’est pas autorisée à voler – à rentrer chez eux. « Nous nous organisons avec les Turcs pour faire voler ces Israéliens en Grèce ou en Jordanie, et les ramener à la maison de là-bas », a déclaré Maimon. En outre, a-t-il affirmé, El Al aurait continué à utiliser l’aéroport Ben Gourion, rejetant la possibilité de transférer ses activités à Ovda. « La plupart des transporteurs étrangers ont également rejeté cette option », a ajouté Maimon.

Les mois de juillet et août sont la haute saison touristique pour les visiteurs de l’étranger. Pas cette année, cependant, dit Mizrahi. « Si la semaine dernière nous avions bon espoir de rattraper au moins une partie de la saison, à ce point, il est clair que cet été restera marqué comme une année noire. 2014 était censée être une année record pour le tourisme israélien, mais évidemment, cela ne sera pas le cas à présent ».

« Notre seul espoir est de sauver l’automne et l’hiver », indique Mizrahi. « Déjà, les compagnies aériennes et les hôtels prévoient de grandes campagnes de publicité – et envisagent de mettre en place d’importants rabais – afin de faire venir les gens dès la fin des combats. Le seul point positif dans l’industrie du tourisme est Eilat, qui jusqu’ici a été épargnée par les annulations de masse observées dans les hôtels à Tel Aviv, Jérusalem, Haïfa et d’autres villes. Jusqu’à présent, Eilat survit, mais si les combats continuent, elle pourrait également être touchée. »