Environ 2 000 Arabes israéliens ont manifesté mardi à Tel-Aviv, à l’issue d’une grève générale, pour protester contre les destructions récentes de maisons de familles arabes par les autorités israéliennes, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Pour Jeiries Mattar, secrétaire général du Haut comité pour les Arabes d’Israël, il existe une importante disproportion entre la part des terres possédées par les Arabes israéliens et leur poids dans la population.

« Plus de 50 000 maisons (d’Arabes à travers Israël) sont menacées, le gouvernement est engagé dans une guerre directe contre les Arabes », a-t-il affirmé dans un discours lors du rassemblement.

« La bataille pour sauver ces maisons est la bataille pour sauver notre existence », a ajouté Mattar.

Dans les localités arabes du nord d’Israël, les institutions publiques, les établissements scolaires, les banques et la grande majorité des magasins n’ont pas ouvert de la journée, ont rapporté les médias arabes israéliens.

« Cette grève est une réponse à l’escalade des autorités israéliennes contre les maisons des Arabes et à la poursuite de la féroce politique d’incitation à la haine contre les Arabes lancée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors des élections », a affirmé dans un communiqué le Haut comité pour les Arabes d’Israël, l’instance qui représente les descendants des Palestiniens restés sur leur terre à la création de l’Etat d’Israël en 1948.

Cet appel à la grève et le rassemblement sur l’emblématique place Yitzhak Rabin de Tel-Aviv étaient également soutenus par la Liste arabe unie formée à l’occasion des législatives du 17 mars, remportées par la droite emmenée par Netanyahu. Les quatre partis arabes qui se sont unis pour ce scrutin se sont hissés à la troisième place.

Les autorités israéliennes ont récemment détruit plusieurs maisons et fait évacuer des dizaines d’autres, tandis que les associations de défense des Arabes israéliens affirment que des dizaines de milliers de maisons sont sous le coup d’un ordre de démolition.

Les Arabes israéliens, qui représentent aujourd’hui plus de 20 % de la population, s’estiment victimes de discriminations, notamment en terme de construction. Impossible pour eux, disent-ils, d’étendre leurs localités et parfois même de sauver leurs maisons, construites sans permis par des familles lassées d’attendre un sésame qui ne vient jamais.

Si l’Etat israélien reconnaît un « manque de logement » général dans le pays, dû notamment à la flambée des prix, les associations de défense des Arabes israéliens accusent, elles, les autorités d' »entraver » la construction de maisons dans les localités arabes, notamment en imposant des « obstacles » administratifs et juridiques à l’obtention du permis de construire.