Salim Joubran, un des Juges de la Cour suprême a critiqué la discrimination généralisée dont seraient victimes, selon lui, les membres de la communauté arabe d’Israël et a déclaré que l’égalité mentionnée dans la Déclaration d’indépendance d’Israël pour tous les citoyens n’est malheureusement pas encore mise en œuvre.

« Je pourrais parler de l’égalité pendant des heures, pendant des jours entiers mais j’aimerais citer la Déclaration d’indépendance et vous serez juges ; elle parle d’égalité et malheureusement il n’y a pas d’égalité pour les non-Juifs, » a déclaré Joubran lors d’une conférence à Eilat mercredi.

Le juge de la Cour suprême a déclaré que la discrimination se déroulait dans des domaines tels que l’éducation et l’emploi, dans la répartition des terres et le manque d’infrastructures dans les villes et les villages arabes.

Joubran a cependant fait savoir qu’une partie de la faute incombait aux dirigeants élus de la communauté arabe. « Lorsque je me plains de l’Etat, je sais aussi me plaindre de [nous], les dirigeants de la communauté arabe ; nous devons également assumer notre responsabilité et traiter les problèmes. Nous devons également nous battre et demander à rencontrer les ministres [dans un effort pour] combler les lacunes. »

Sur une note positive, le juge a déclaré que la communauté a également fait quelques réalisations, comme dans l’établissement de bonnes écoles [« qui appartiennent à l’église, pas l’État »], les progrès dans le domaine médical, qui a ouvert ses portes au secteur arabe et dans l’amélioration significative de la situation des femmes.

Les remarques de Joubran ont eu lieu dans le contexte du projet de loi controversé sur « l’Etat juif » défendu par Benjamin Netanyahu, et qui vise à consacrer le statut d’Israël comme un Etat juif avec des droits égaux pour tous les citoyens du pays.

Le projet de loi, qui compte actuellement plusieurs versions, a été critiqué par crainte qu’il subordonne le caractère juif d’Israël sur le caractère démocratique. Les opposants au projet affirment qu’il éloigne les citoyens non-juifs du pays, y compris les Druzes et les communautés arabes.

Il y a deux ans, l’attitude de Joubran a suscité des critiques après qu’il ait gardé le silence pendant le chant de l’hymne national d’Israël à l’issue d’une cérémonie de prestation de serment devant la Cour suprême. Sa conduite a été défendue par le ministre de la Défense Moshe Yaalon qui a dit qu’il s’était comporté d’une manière digne et que la critique n’était pas justifiée.

Chrétien arabe, né dans la ville septentrionale d’Acre, Joubran a été le premier Arabe israélien à être nommé à la Cour suprême en tant que Juge permanent et a été impliqué dans un certain nombre de verdicts importants. Un de ces verdicts a, par exemple, été d’envoyer l’ancien président Moshe Katsav en prison pour sept ans, après l’avoir reconnu coupable de viol et d’abus sexuels.