La vitesse de lecture des locuteurs arabes est plus lente que celle des locuteurs hébreux – un facteur qui pourrait nuire à leur capacité de réussir l’examen psychométrique d’Israël, selon une étude publiée par le National Institute For Testing and Evaluation [l’Institut national d’examen et d’évaluation].

Cette étude a été menée sur 199 participants, dont la moitié était des locuteurs arabes, qui ont passé des tests d’évaluation des fonctions cognitives. On leur a demandé de lire des textes à voix haute et en silence dans leur langue natale. L’étude a démontré que les locuteurs arabes mettaient sept secondes de plus pour lire 200 mots que les locuteurs hébreux. Lire silencieusement leur prend 16 secondes de plus.

Similaire au Scholastic Aptitude Test (SAT) [test d’aptitude scolaire] américain, le Psychometric Entrance Test [le test psychométrique d’admission] est un examen standardisé d’admission à l’université. Cet examen comprend un test de mathématiques, d’anglais et de raisonnement verbal.

Cette étude, menée par Kur Karelitz, Anan Ben Simon, Rafiq Ibrahim et Zohar Avyatar, et publiée en septembre, avance que la complexité de l’écriture arabe ainsi que le fait que la langue arabe soit une diglossie – ce qui signifie qu’il y a des disparités entre le langage orale informel et l’écriture codifiée formelle – fait toute la différence. Les chercheurs affirment que les fonctions cognitives et les facteurs socio-économiques n’influent pas sur la vitesse de lecture.

« En moyenne, les locuteurs hébreux lisent plus vite que les locuteurs arabes », affirme l’étude.

Cette étude met en lumière la raison pour laquelle il existe une disparité de 100 points entre les locuteurs arabes et les locuteurs hébreux lorsqu’ils passent leurs tests psychométriques. En effet, l’épreuve chronométrée exige que les participants au test lisent et répondent rapidement aux questions.

Pourtant, les chercheurs n’arrivent pas à s’accorder sur la question de savoir si les conclusions de cette étude requièrent une reformulation du test.

Ibrahim, de l’Université de Haifa, affirme que ces résultats « exigent, sans aucun doute, le réajustement de l’examen psychométrique en arabe », selon le quotidien Haaretz. Il explique qu’en plus des disparités dans la vitesse de lecture, les textes traduits en arabes sont plus longs de 16 % que les textes traduits en hébreu.

Cependant, Ben Simon, qui fait partie de l’institut qui a publié cette étude, indique que les conclusions ne sont « pas si significatives ». Ben Simon affirme que l’emploi de textes traduits, plutôt que des textes arabes ou hébreux, est dû à une volonté de rester « neutre » et d’éviter de donner à l’un des deux groupes un avantage culturel.

« Nous sommes conscients des plaintes des locuteurs arabes, c’est pourquoi il y a deux ans nous avons pris la décision de retirer trois questions dans la section ‘Raisonnement verbal’ de la version arabe du test », explique-t-elle.

« Ajouter cinq minutes en plus au délai imparti pour compléter le test ne modifiera pas de manière significative les résultats », ajoute-t-elle. « Cela le rendra plus facile, ajoutera quelques points, mais ne gommera pas la différence de 100 points ».