Quelques semaines après deux attaques contre une synagogue en Allemagne, la police, dans la ville d’Ulm, a fait savoir que les motivations de ces incidents pourraient avoir un caractère antisémite.

Les responsables de la sécurité de l’état enquêtent sur les incidents qui ont eu lieu le 26 août et le 2 septembre, au cours desquels une ou plusieurs personnes s’en sont pris à coups de pieds puis, plus tard, à coups de barre de fer à la façade de la Nouvelle synagogue, endommageant le mur extérieur. Selon des informations, le montant des réparations s’élève à plusieurs milliers de dollars.

Mardi dernier, un porte-parole de la police d’Ulm avait indiqué que la motivation antisémite n’était pas écartée de l’investigation en cours, ajoutant toutefois que les enquêteurs examinaient toutes les possibilités. Il n’y a pour le moment aucun suspect.

Le rabbin Schneur Trebnik a expliqué au journal Juedische Allgemeine Zeitung, un hebdomadaire juif allemand, que les autorités minimisent de manière habituelle les informations faisant état des incidents antisémites et que les membres de la communauté craignent de se faire reconnaître comme Juifs dans les rues.

Dans cette affaire particulière, a-t-il ajouté, les Juifs sont troublés par le fait qu’aucun des individus n’ayant assisté à l’attaque au moment où elle se déroulait n’avait appelé la police.

L’image de l’un des auteurs présumés transportant un objet qui ressemblait à une barre de fer avait été rendue publique le 11 septembre, ainsi qu’un numéro de téléphone pour les témoins potentiels de l’incident. La photo, qui montrait un homme accompagné de deux autres individus, avait été prélevée sur les enregistrements d’une caméra de surveillance.

Le rapport de police a noté que « les enquêteurs ont conscience que l’auteur de l’attaque et ses complices ont été aperçus par des témoins peu de temps avant et après » les incidents.

La Nouvelle synagogue, qui a été inaugurée en 2012, fait partie de la communauté juive de Württemberg. Ce sont environ 2 800 juifs qui appartiennent à cette communauté, selon le conseil central des Juifs d’Allemagne.

Pour sa part, le rabbin Abraham Cooper, directeur-adjoint du centre Simon Wiesenthal de Los Angeles, a critiqué les autorités locales incapables, selon lui, de faire entrer cet acte de vandalisme dans la catégorie des crimes antisémites.

La question de la catégorisation de telles attaques à l’encontre de biens juifs en tant que crimes antisémites reste controversée.

L’année dernière, une cour d’appel allemande avait refusé de remettre en cause le verdict d’une instance inférieure qui avait estimé que trois Palestiniens qui avaient tenté d’incendier une synagogue de Wuppertal ne pouvaient être reconnus coupable d’antisémitisme. Les accusés avaient affirmé avoir été motivés par leur colère envers Israël et non par l’antisémitisme.

Cette même instance avait déclaré que si prendre pour cible une synagogue était une preuve indirecte sérieuse, elle ne pouvait pas pour autant conclure que l’acte était antisémite en lui-même.

Mais dans un autre dossier, en 2016, un tribunal d’Essen avait maintenu un verdict affirmant que des slogans anti-israéliens (« Mort aux sionistes », « haine pour les sionistes ») lors d’une manifestation en 2014 équivalaient à de l’antisémitisme.