Les auteurs Michael Chabon, Ayelet Waldman et Nathan Englander ont rejoint le nombre croissant de Juifs qui critiquent vocalement le président Donald Trump pour avoir assimilé les suprémacistes blancs et la droite alternative, aussi connue sous l’appellation alt-right, aux contre-manifestants à Charlottesville, en Virginie.

Réagissant à la violence qui a éclaté samedi dernier qui a provoqué la mort d’une contre-manifestante et pendant laquelle il y a eu plusieurs blessés, Trump a déclaré que la foule de la droite alternative contenait des « personnes de très grandes qualités » et que « les deux parties » étaient responsables. Le groupe d’extrême droite protestait contre l’enlèvement d’une statue du général confédéré Robert E. Lee, qui a lutté pour se séparer de l’union et préserver l’esclavage pendant la guerre civile américaine.

Des groupes de suprématistes blancs et de néo-nazis se sont dirigés vers le monument en entonnant des slogans, dont : « Les Juifs ne nous remplaceront pas ». Les représentants de plusieurs organisations de droite ont profité de l’occasion pour fulminer contre la manipulation juive dans les médias et au gouvernement.

La réponse de Trump a été condamnée de toute part sur l’échiquier politique et aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la communauté juive, y compris par le président de la Chambre, Paul Ryan, qui a déclaré que la suprématie blanche est « répugnante » et qu’ « il ne peut y avoir d’ambiguïté morale ».

La lettre conjointe de Chabon et Waldman a critiqué les Juifs qui ont soutenu la « longue et épouvantable liste de déclarations racistes, au pire en les acceptant, au mieux en les rejetant comme des bêtises vides d’un bonimenteur en plein travail ».

« Vous avez essayé d’apaiser ou de rejeter vos peurs en sachant que la plupart des mots et des actes de haine du président … ciblaient d’autres personnes », a poursuivi la lettre. « Maintenant, il en a après vous ».

Christopher Cantwell, membre du rassemblement Unite the Right. (Crédit : capture d'écran du documentaire de Vice ‘Charlottesville: Race and Terror,’ diffusé le 14 août 2017)

Christopher Cantwell, membre du rassemblement Unite the Right. (Crédit : capture d’écran du documentaire de Vice ‘Charlottesville: Race and Terror,’ diffusé le 14 août 2017)

Les dirigeants juifs se sont exprimés avec un sentiment d’urgence croissant alors que les groupes néo-nazis commencent à jouer de leurs muscles et à se mobiliser grâce ce qui est perçu comme l’approbation – ou du moins le manque de censure – de Trump.

Dans une autre lettre ouverte, David Harris, le directeur général du Comité juif américain, a écrit que l’équivalence morale de Trump était « honteuse » et a dénoncé « la réaction tardive, hésitante et contradictoire du leader de notre pays, lorsque précisément la réponse inverse est si désespérément nécessaire . »

Englander a décrit l’antisémitisme dont il a été victime pendant son enfance et l’absence notable de l’antisémitisme aujourd’hui – jusqu’à la violence surprenante de samedi qui a conduit à la mort de Heather Heyer.

« J’ai compris que, dans les années 40, je faisais déjà partie de l’histoire », a-t-il écrit. « Certaines choses que je connaissais ne devaient plus être connues. Et pourtant … en une seule journée à Charlottesville, en Virginie, tout cela est perdu. »

Tous les participants à la manifestation n’ont pas critiqué la réponse de Trump. L’ancien grand maître du Ku Kux Klan, David Duke, a remercié le président pour avoir exprimé avec « honnêteté » et « courage » sa condamnation des actes « terroristes de gauche » auxquels ont été confrontés les porteurs de torches néo-nazis.