Les récents événements tragiques qu’a connus la France ont suscité un véritable effroi en Belgique, en particulier au sein de la communauté juive.

En plus des attaques de Paris, la fusillade du Musée Juif de Bruxelles au mois de mai, l’agression d’un rabbin, en novembre, dans le quartier juif d’Anvers et la multiplication des faits divers touchant la communauté juive en Belgique stimulent actuellement un regain d’intérêt pour émigrer en Israël.

Olivier (prénom d’emprunt), confie au quotidien La Libre Belgique, le profond malaise qui pousse actuellement les juifs belges à envisager de quitter leur pays.

« Je ne suis pas religieux, Je ne fais pas mes valises pour aller gagner plus d’argent ailleurs, ma situation en Israël sera moins bonne. Si je pars c’est pour protéger mes enfants. Cela fait plusieurs mois que nous nous posions la question, mais les événements de la dernière quinzaine m’ont convaincu : quand vendredi dernier devant l’école de ma fille il y avait des militaires et qu’elle m’a demandé qui voulait la tuer, j’ai su que nous devions nous en aller. »

Le constat est le même chez une mère de famille qui pointe également du doigt les attentats récents.

« Après l’affaire Merah en France, après la prise d’otage à l’Hyper Cacher porte de Vincennes, après le meurtre au Musée juif de Bruxelles, il est devenu difficile de ne pas être parano. Sans oublier que derrière ces cas médiatisés il y a les injures et l’antisémitisme ordinaire qui pèsent sur nous. »

Plusieurs centaines de juifs belges avaient assisté en décembre à un salon de l’alyah organisé par l’Agence juive qui, aux dires d’Ariel Kandel, directeur de l’Agence juive pour les francophones, « n’aurait habituellement rassemblé qu’une dizaine de personnes ».

Si tous n’émigrent pas en Israël – certains décident de s’installer aux États-Unis, au Canada, voire en Asie ou en Amérique du Sud -, l’antisémitisme est sur toutes les langues pour expliquer les raisons qui les poussent à émigrer.

« Je suis belge, je me sens belge, mais le manque d’éducation attise les préjugés. J’aime la Belgique, mais je ne peux plus y vivre, je ne souhaite pas que mes enfants y vivent dans la peur. »