Le nombre de personnes souffrant d’un trouble autistique en Israël a triplé pendant la dernière décennie, selon un rapport publié dimanche par le ministère des Affaires sociales, qui lie l’identification de la pathologie aux niveaux socio-économiques locaux.

Les chiffres, publiés pour la Journée mondiale de l’Autisme, montrent qu’à la fin de l’année 2016, 14 269 personnes étaient autistes en Israël, contre 3 949 en 2007.

La hausse est la résultante d’une meilleure reconnaissance des symptômes de l’autisme, a indiqué le ministère, qui souligne une augmentation similaire à celle des autres pays développés.

En 2007, 5,5 personnes sur 10 000 étaient diagnostiquées autistes, alors qu’en 2016, le taux était de 16,9 pour 10 000.

Parmi les individus autistes, 80 % des patients sont des hommes, dans tous les groupes d’âge. De même, 80 % sont des enfants ou de jeunes adultes âgés de moins de 24 ans. La concentration des malades dans cette tranche d’âge s’explique également par de meilleures méthodes de diagnostic et parce que les efforts d’identification de la pathologie se concentrent principalement chez les enfants, a indiqué le ministère.

Haim Katz, ministre du Travail et des Affaires sociales, avant la réunion hebdomadaire du cabinet, le 11 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Haim Katz, ministre du Travail et des Affaires sociales, avant la réunion hebdomadaire du cabinet, le 11 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Haim Katz, le ministre des Affaires sociales, a indiqué qu’il augmentait les aides financières pour ceux qui souffrent d’un trouble autistique, une pathologie neurologique du développement dont les symptômes sont notamment une communication et des compétences sociales altérées et des comportements compulsifs et répétitifs. La maladie apparaît généralement pendant la petite enfance, et peut être un handicap.

« Ces deux dernières années, j’ai doublé le budget pour les personnes autistes, et nous avons spectaculairement amélioré la qualité du traitement de cette population », a déclaré Katz.

Le ministère a souligné qu’en 2017, le budget avait été augmenté de 51 millions de shekels pour arriver à un total de 300 millions, et qu’une hausse similaire aurait lieu en 2018.

Une tendance révélée par le rapport est la corrélation entre les niveaux socio-économiques d’une communauté et le nombre de diagnostics d’autisme. Plus les conditions économiques sont élevées et stables, plus le nombre de personnes diagnostiquées va être important, en raison de meilleurs services de santé et d’une plus grande attention à la pathologie.

De même, la plus grande concentration de personnes souffrant de troubles autistiques se trouve à Tel Aviv et dans la région centre (20,6 cas pour 10 000 habitants), alors que les nombres les plus faibles sont à Haïfa et dans le nord du pays (12,6 cas pour 10 000 habitants). A Jérusalem et à Beer Sheva, la plus grande ville du sud du pays, ces taux s’établissent respectivement à 15,8 et 15,3 cas pour 10 000 habitants.

Le ministère a indiqué que ces différences étaient le résultat d’une plus grande attention et de l’amélioration des méthodes de diagnostic dans les régions centrales, et n’étaient pas liées à ces régions en particulier.

Un soldat de Roim Rachok, "voir loin" en hébreu, un programme de l'armée israélienne destiné à enrôler les personnes autistes. Illustration. (Crédit : armée israélienne)

Un soldat de Roim Rachok, « voir loin » en hébreu, un programme de l’armée israélienne destiné à enrôler les personnes autistes. Illustration. (Crédit : armée israélienne)

L’armée israélienne dirige un programme qui fournit formation et assistance aux Israéliens autistes qui souhaitent s’enrôler dans l’armée, où leurs capacités particulières sont utilisées pour certaines tâches nécessitant une grande méticulosité, dont l’analyse de renseignements militaires sensibles.

Luke Tress a contribué à cet article.