Le tribunal palestinien anti-corruption a jugé dimanche irrecevables les charges qui pesaient contre l’ex-homme fort du Fatah à Gaza, Mohammad Dahlane, tombé en disgrâce auprès du président Mahmoud Abbas, a indiqué l’un de ses avocats à l’AFP.

La cour a estimé que le règlement du Parlement n’avait pas été respecté lors de la levée de l’immunité de M. Dahlane, ex-député du Fatah de M. Abbas, selon des documents fournis aux avocats.

Dahlane, désormais installé aux Emirats arabes unis, était poursuivi pour des dépenses non justifiées estimées à 17 millions de dollars.

Si ces charges de corruption ont été jugées irrecevables, il est toujours sous le coup d’une condamnation, en son absence, à deux ans de prison pour diffamation.

La défense a suggéré qu’elle pourrait également faire valoir ce non-respect du règlement pour annuler cette première peine, prononcée en mai 2014 et qui l’empêche de revenir dans les Territoires palestiniens, sous peine de rejoindre aussitôt la prison.

« C’est une grande victoire pour la défense mais aussi pour l’avenir politique de la Palestine », a estimé Sévag Torossian, à la sortie du tribunal à Ramallah, le siège de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie occupée.

Alors que la défense dénonce depuis le début de cette affaire il y quatre mois un « procès éminemment politique », Me Torossian a salué « le courage des juges qui viennent de marquer l’indépendance de la justice vis-à-vis de l’exécutif ».

Dahlane, lui aussi, dénonce régulièrement sur sa page Facebook des « décisions politiques » prises par M. Abbas pour l’écarter, car le considérant un concurrent gênant.

Le colonel Dahlane, considéré comme le protégé des Etats-Unis, était tombé en disgrâce en raison de la déroute de ses forces face au Hamas en 2007 alors qu’il était chargé de la Sécurité dans la bande de Gaza.

Progressivement revenu dans le jeu politique à la faveur de son élection au Comité central du Fatah en 2009, il en a finalement été totalement écarté, sa condamnation pour diffamation lui interdisant de briguer la succession de M. Abbas.