Les ministres des Affaires étrangères se réuniront lundi pour examiner la situation au Moyen-Orient, faisant part d’un sentiment croissant d’exaspération, selon eux, à cause des nouveaux logements en construction à Jérusalem-Est.

La nouvelle ministre des affaires étrangères de l’Union européenne, Federica Mogherini, qui s’est rendue en Israël et dans les Territoires palestiniens plus tôt au cours du mois, a condamné les plans visant à construire de nouveaux logements à Jérusalem-Est car, selon elle, ils affaiblissent la solution à deux Etats et soulèvent des questions quant à l’engagement d’Israël vers un règlement définitif.

Le mois dernier, la Suède a pris la décision de reconnaître officiellement la Palestine comme Etat dans ce qu’elle estime être un geste destiné à pousser les deux parties vers la table des négociations après l’échec des pourparlers du mois de juillet.

Pendant ce temps, le Parlement britannique a reconnu l’Etat de Palestine au cours d’un vote symbolique, et les députés français et espagnols s’apprêtent à leur emboîter le pas.

Les responsables israéliens ont rejeté ces décisions considérées comme inutiles.

« Je pense que les appels en provenance de pays européens, et des parlements européens, de reconnaître unilatéralement un Etat palestinien font reculer la paix, » avait déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une conférence de presse à Jérusalem avec le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier dimanche soir.

Lors d’une réunion plus tôt avec M. Steinmeier, le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman n’avait pas abordé la reconnaissance de la Palestine directement, mais en se référant au prochain sommet des ministres des Affaires étrangères, il avait averti que le fait de lier les relations entre Israël et l’UE au processus de paix « ne contribuait pas à la stabilité, ni à la normalisation, ni au renforcement des liens entre Israël et les Palestiniens. »

Il a également déclaré qu’Israël ne limiterait jamais la construction à Jérusalem-Est.

Les ministres présents à la réunion ne sont pas censés envoyer des sanctions à Israël, bien que les rapports aient indiqué que le ministère des Affaires étrangères de l’UE l’envisage.

Toutefois, Bruxelles n’est pas seulement là pour brandir le bâton mais également pour offrir des carottes. Si les Israéliens et les Palestiniens font des efforts envers la paix, l’UE promet de leur accorder un « partenariat spécial privilégié » – une mise à niveau significative de liens qui incluraient assistance politique et sécurité financière.

Depuis sa prise de fonction, Mogherini a clairement pris position sur la nécessité d’un Etat palestinien. S’adressant à cinq quotidiens européens au début du mois, elle a dit qu’elle voulait voir un Etat palestinien avant que son mandat ne prenne fin d’ici cinq ans.

Raphaël Ahren a contribué à cet article.