Pour certaines personnes, il n’y a rien de plus divertissant que de regarder un bon combat.

Il y a les amateurs de boxe, et aussi beaucoup de gens qui regardent du catch à la télévision. Et puis il y a ceux qui préfèrent regarder des adversaires vêtus d’une armure médiévale en brandissant des armes médiévales et en se battant sans pitié l’un contre l’autre.

Ce genre de combats est appelé Batailles historiques médiévales (HMB), et quelques centaines de fans israéliens de ce sport – certains étant eux-memes habillés comme sortis tout droit de la forêt de Sherwood de Robin des Bois – se sont réunis jeudi soir dans la Maison des Sports Maccabi de Rishon Lezion pour assister au Championnat du Monde de Combat Médiéval : Le Défi israélien.

Bien que HMB implique plusieurs catégories et des styles de combat différents, cet événement spécifique portait sur les « combats professionnels ».

Les duels à un-contre-un comprennent trois rounds de trois minutes, au cours desquels les adversaires s’attaquent les uns les autres avec des armes d’acier non aiguisées, telles des épées et haches de guerre.

Tout est permis, sauf les coups sur la nuque, le dos du genou, l’aine, les yeux, les pieds, et l’arrière de la tête. Les combattants marquent des points avec des coups, et le concurrent qui a le plus de points à la fin des trois rounds est declaré gagnant.

HMB, qui a commencé en Russie qui y rencontre un franc succès, a été introduit en Israël il y a environ huit ans, et le pays a envoyé une équipe aux compétitions internationales ces quatre dernières années. C’était la deuxième fois qu’Israël accueillait un concours international de combat professionnel.

Sans surprise, beaucoup de gens parlaient le russe parmi les fans mangeant du pop-corn dans les tribunes à Rishon LeZion.

Daniel Skakun bavardait en russe avec ses amis et prenait des photos avec un appareil photo qu’il avait placé sur un trépied. Il participe lui-même à des combats médiévaux, mais avec une armure plus légère que les 35 à 40 kg d’acier que les concurrents portaient sur le ring.

« J’aime ce sport non pas tant pour les combats, mais plutôt parce que j’aime l’aspect de jeu de rôles » a-t-il dit.

En plus des immigrants venus de l’ex-URSS, il y avait aussi dans la foule des Israéliens de naissance.

Aviad Sela de Raanana et sa fiancée Roni Gross de Rishon Lezion sont venus parce que le sport avait attisé leur curiosité.

« C’est la première fois qu’on le regarde. J’aime les arts martiaux et Roni avait entendu ce qui se passait, donc nous sommes venus », a dit Sela.

Yaniv Sasson est venu de Shafir, un moshav situé près de Kiryat Malachi, avec ses trois jeunes enfants, âgés de quatre à sept ans.

« Nous sommes allés l’année dernière à une foire médiévale et les enfants avaient vraiment aimé, donc nous sommes revenus [cette année, pour la deuxième édition] », a déclaré le père, qui a affirmé que cela ne le dérangeait pas d’exposer ses enfants à la violence sur le ring.

« J’aime les chevaliers ! Ils ont des épées et des boucliers et c’est cool ! », dit Yonatan son fils de six ans tout excité.

Le maître de cérémonie, un grand homme vêtu d’une toge brune et d’un turban blanc, donne tout du long des explications sur le sport et les concurrents, venus de France, de Bélarus, du Danemark, d’Ukraine et d’Estonie, en plus de diverses villes d’Israël.

Entre ses interventions, une musique forte et dramatique et l’éclairage tapageur maintenaient les fans en haleine. Le spectacle de la mi-temps mis en vedette une bande de joueurs de cornemuse venus d’Ukraine qui faisaient danser les gens dans les tribunes.

Le public local encourageait vivement l’équipe israélienne, y compris Ira Rogozovsky, une étudiante de 24 ans à l’Université de Tel Aviv et agent de sécurité à l’aéroport, quand elle n’est pas armée d’une épée et d’un bouclier.

Rogozovsky a découvert par hasard les combats médiévaux il y a quelques années et a décidé que c’était un sport qui lui convenait.

« Il mêle les arts martiaux modernes aux costumes médiévaux. C’est très amusant de combiner le sport avec l’histoire », a-t-elle confié au Times of Israel, la veille de l’événement.

La légère Rogozovsky, alourdie par son armure couverte par une tunique ayant pour motif un drapeau israélien, a affronté une femme de Bélarus. Rogozovsky a repoussé sa concurrente dans les chaînes (le ring est entouré par des chaînes et non des cordes, comme pour la boxe) et menait le duel la plupart du temps.

Lorsque les arbitres ont designé Rogozovsky comme la gagnante du combat, elle a enlevé son casque d’acier pointu pour révéler des cheveux tressés et un sourire radieux.

Puis, une belle jeune fille dans une longue robe a remis un trophée à la « chevalière » israélienne victorieuse. (C’est un événement destiné aux familles, la jeune femme n’était pas vétue d’un short minuscule ni d’un dos-nu, comme on peut le voir dans certaines vidéos de compétitions russes)

« Israël ! Israël ! » criait la foule quand Rogozovsky a rebondi sur le ring pour faire place aux deux combattants suivants – deux grands gars habillés de cotte de mailles et prêts à se decouper l’un l’autre à coups de haches.