Le président Reuven Rivlin a accueilli lundi le nouvel ambassadeur de l’Union européenne (UE) en Israël, saluant les relations bilatérales tout en critiquant l’organisation pour son approche du conflit israélo-palestinien.

« Israël fait partie de l’Europe », a dit Rivlin à Emanuele Giaufret, quelques minutes après que Giaufret lui a présenté ses lettres de créance, prenant ainsi officiellement son poste d’ambassadeur. « Nous sommes très heureux d’être en Asie, nous sommes très heureux d’être au Moyen Orient, mais nous sommes réellement liés à l’Europe. »

Rivlin a ensuite parlé de la lutte commune contre le terrorisme et l’antisémitisme avant de parler de la « réelle tragédie » qu’est le conflit entre Israël et les Palestiniens.

« Malheureusement, de temps en temps, vous pensez sincèrement qu’en forçant les Israéliens ou les Palestiniens, vous pouvez mettre fin au conflit, a dit Rivlin à Giaufret. Malheureusement, il n’y a pas de raccourci, et vous le savez très bien. Et nous devons trouver un moyen de faire qu’il soit possible pour les deux parties de comprendre que les deux parties doivent faire face à la réalité. »

Les responsables israéliens déplorent souvent la préoccupation du conflit israélo-palestinien de l’UE, et accusent Bruxelles de parti-pris pro-palestinien.

En juillet, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dénoncé l’insistance « folle » de l’UE qui voulait conditionner certains accords avec Israël à des progrès sur le processus de paix.

Emanuele Giaufret, nouvel ambassadeur de l'Union européenne en Israël. (Crédit : capture d'écran YouTube/UNITARHQ)

Emanuele Giaufret, nouvel ambassadeur de l’Union européenne en Israël. (Crédit : capture d’écran YouTube/UNITARHQ)

Rivlin a également demandé à Giaufret de faire attention aux tentatives de l’Iran de s’établir militairement à la frontière israélienne en Syrie, prévenant que la République islamique cherche à obtenir un accès à la Méditerranée, ce qui menacerait également l’Europe. Lier la question israélo-palestinienne à l’insistance de Jérusalem sur l’affrontement de l’Iran est « problématique », a-t-il ajouté.

Giaufret a souligné qu’Israël et l’Europe ont un « patrimoine commun », des relations commerciales intenses, une coopération scientifique florissante et un tourisme en hausse dans les deux directions.

« Israël et l’UE sont très proches l’un de l’autre, pour de nombreuses raisons », a-t-il dit, avant de parler des aspects plus controversés de cette relation.

« Nous avons des désaccords de temps en temps, mais je pense qu’il existe des désaccords entre amis. Et nous pouvons discuter et nous asseoir, a-t-il dit. L’Europe est un projet de paix, fondamentalement. Et nous savons à quel point il est dur d’atteindre la paix parce que nous avons combattu pendant des siècles les uns contre les autres. Et le projet européen a réussi à nous rassembler. »

Israël et l’UE partagent les valeurs de la démocratie, de l’état de droit, des droits de l’Homme, a dit Giaufret, qui est docteur en histoire des relations internationales de l’université de Florence.

« Ce n’est pas facile de défendre ces valeurs. Nous le savons par notre propre expérience, tous les jours. C’est toujours un combat pour nous rappeler que nous devons nous en tenir à la démocratie parce que c’est la fondation de nos sociétés. Et je sais que nous avons un ami en Israël, quelqu’un à qui nous pouvons parler. »

Avant d’arriver à Tel Aviv pour remplacer Lars Faaborg-Andersen, qui était jusqu’à cet été l’ambassadeur de l’Union en Israël, Giaufret dirigeant la division de la démocratie et de l’observation électorale de la branche des affaires étrangères de l’UE.

Il avait avant cela dirigé la section politique et commerce de l’ambassade de l’UE à Tel Aviv, où il s’est marié et où est né le premier de ses trois fils.

« Sur une note personnelle, je suis extrêmement heureux de revenir dans ce pays que j’aime, un pays où j’ai vécu des années fantastiques, a-t-il dit. Je suis certain que je passerai quatre autres années fantastiques en Israël. »