Les membres de la Knesset issus de deux partis à majorité arabe et d’un parti arabo-juif menacent de boycotter l’ouverture de la session d’hiver de la Knesset lundi. Ils justifient leur menace en citant le racisme ambiant, l’incitation à la haine dont ils sont les victimes et la violation de leur droit de s’exprimer au parlement.

Lors d’une conférence de presse à la Knesset, les députés du Balad, de la Liste arabe unie et de Hadash ont aussi exprimé leur opposition à la loi de gouvernance votée au mois de mars dernier, qui change le seuil électoral – le nombre minimum de votes qu’un parti doit obtenir pour entrer au parlement – qui passe de 2 à 3,25 %. Ils affirment que le but de cette loi était de les évincer de la Knesset.

Le Balad, Hadash et la Liste arabe unie ont obtenu, respectivement, 2,56 %, 2,99 % et 3,65 % lors des dernières élections. Sans changement spectaculaire de l’organisation politique arabe, ces partis ne survivront probablement pas aux prochaines élections.

« Ces derniers temps, il y a eu une augmentation des incidents qui indiquent que les règles du jeu ont changé », informe le chef du parti Balad, Jamal Zahalka.

« Le seuil électoral a été augmenté pour empêcher les partis arabes de rentrer à la Knesset aux prochaines élections, la députée Hanin Zoabi [Balad] a été suspendue de la Knesset par une décision sans précédent, un autre député a été battu lors d’une manifestation. Il y a une campagne d’incitation contre les députés arabes qui devient de plus en plus vicieuse et nocive », a-t-il déclaré. Ses déclarations ont été reprises par la Deuxième chaîne.

En juillet, Zoabi a été suspendue pour six mois suite à une enquête lancée après qu’elle ait affirmé que les tueurs des trois adolescents israéliens n’étaient pas des terroristes. Elle a aussi fait l’objet d’une enquête pour avoir pris à partie un officier de police à Nazareth.

Le même mois, Zoabi et Zahalka ont participé à une manifestation à Haïfa contre l’opération Bordure protectrice qui est devenue violente. Zoabi a été menottée pour trouble à l’ordre public lors de la manifestation et Zahalka a été insultée suite à des échauffourées.

« Le jour arrive où les députés arabes seront persuadés que cela ne sert à rien de participer à la sphère politique. On se rend de plus en plus compte que nous sommes persona non grata à la Knesset », précise Bassal Gatas, qui est aussi du Balad.

« Ceux qui m’ont suspendu veulent de ‘bons Arabes’ », a affirmé Zoabi.

« Nous serons de ‘bons Arabes’ pour notre peuple et loyaux envers nos valeurs. Les députés qui se lèvent contre le racisme sont exemplaires. La gauche, qui voit les droits des Arabes bafoués, reste silencieuse. C’est fou de transformer chaque argument en un crime ou [en une raison de passer en] commission d’éthique. Nous sommes venus ici pour débattre et nous battre, non pour être gentils et obtenir des faveurs ».

Le ministre des Affaires étrangères, Avidgor Liberman, a accueilli avec joie la promesse des députés arabes de quitter la Knesset.

« J’espère qu’ils vont exécuter cette ‘menace’ aussi rapidement que possible », a-t-il déclaré sur Facebook.