Craignant des critiques partisanes de la Suède, les députés européens de ce pays se sont opposés à la présence d’une compatriote sioniste à un débat sur Israël.

Bodil Valera et Marita Ulvskog, respectivement des blocs écologiste et social-démocrate, ont exprimé leurs objections à la présence mercredi à Bruxelles de Saskia Pantell, directrice de la fédération sioniste de Suède, dans une lettre envoyée lundi au président du Parlement européen, Martin Schultz.

« Considérant les déclarations publiques de Mme Pantell sur la Suède dans le passé, une critique sans opposition peut être attendue » pendant le discours de Pantell sur les relations israélo-suédoises devant les membres de la délégation des relations avec Israël, ont-ils écrit.

Les relations de la Suède avec Israël se sont détériorées depuis que la Suède est devenue le seul pays de l’Union européenne à reconnaître la Palestine comme un État, et depuis que la ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallstrom a lié les attentats terroristes de Paris au conflit israélo-palestinien.

Margot Wallström, la ministre suédoise des Affaires étrangères à Riga le 23 janvier 2015 (Crédit : AFP PHOTO / ILMARS ZNOTINS)

Margot Wallström, la ministre suédoise des Affaires étrangères à Riga le 23 janvier 2015 (Crédit : AFP PHOTO / ILMARS ZNOTINS)

Etablie en 1979, la délégation dirigée par Fulvio Martusciello (Italie) fait partie des plus anciennes du Parlement européen et est responsable de développer des relations parlementaires avec la Knesset à Jérusalem.

Un porte-parole de la délégation a démenti les affirmations de parti-pris du forum, ajoutant que Margrete Auken, une députée européenne écologiste danoise, a exprimé les opinions de son parti sur le sujet pendant l’évènement de mercredi.

L’accusation de parti-pris antisémite reflète les plaintes fréquentes des soutiens et des représentants d’Israël que Jérusalem est isolée par des critiques pendant des forums partisans au Parlement européen – y compris par les écologistes et les sociaux-démocrates.

En 2013, les diplomates israéliens ont déclaré que les organisateurs sociaux-démocrates d’une conférence à Bruxelles ont rejeté les demandes que des officiels israéliens assistent à l’évènement, qui a examiné de manière critique le traitement des Bédouins en Israël.

En décembre, deux membres écologistes du Parlement européen se sont plaints à Schulz des déclarations de Martusciello contre la demande de la Commission européenne d’étiqueter séparément les produits de Cisjordanie, de Jérusalem et du Golan.

En s’exprimant contre cette demande, ont affirmé les écologistes, Martusciello était « en rupture avec les stipulations de l’Union européenne ».