La Knesset avait adopté en première lecture le projet de loi la semaine dernière, soit deux jours seulement après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu ait congédié, les ministres Yair Lapid, chef du parti Yesh Atid, et Tzipi Livni, chef du parti Hatnua, ses partenaires de la coalition.

Avant le vote de lundi, Yair Lapid avait averti le chef du gouvernement qu’en agissant ainsi, il allait devant un échec personnel.

« Sa première erreur a été l’appel à de nouvelles élections qui ne servent ni la Knesset ni le peuple israélien, et sa deuxième erreur, c’est qu’il va perdre », a-t-il lancé à la tribune de la Knesset.

D’autres responsables politiques partagent cet avis. La chef du parti Meretz, Zahava Gal-On (extrême-gauche) a lâché : « bon débarras » après le vote. Tandis que son collègue du même parti, Issawi Frej, prévoit une « révolution » pour le 17 mars 2015, date prévue du scrutin législatif.

Yariv Levin député du Likud, auteur du projet de loi de dissolution de la 19ème Knesset, a déclaré que la coalition et l’opposition actuelles étaient problématiques sur le long-terme.

« C’était une coalition très difficile à gérer, très compliquée, » a-t-il jugé, soulignant toutefois que l’opposition n’avait réussi à torpiller aucun des projets de loi présenté par le gouvernement durant cette mandature.

« Le fait d’appeler à de nouvelles élections est regrettable, mais étant donné les circonstances politiques, le gouvernement a été transformé en un réservoir vide, inutile » a estimé pour sa part, le président de la Knesset, Yuli Edelstein.

Le gouvernement sortant, composé des partis du Likud, Yisraël Beitenu, Hatnua, Yesh Atid et de HaBayit HaYehudi, est entrée en fonction en mars 2013. Il a fini par s’étioler du fait des querelles incessantes au sein de la coalition et, in fine, du fait des accusations de « putsch » à l’encontre du Premier ministre, démenties par les deux ministres centristes visés… Et limogés par celui-ci.

Alors que les manœuvres politiques battent son plein, les médias font état d’alliances, de fusions et d’accords officieux entre plusieurs partis politiques dans la perspective du prochain scrutin.

Un bloc de centre-gauche visant à renverser Benjamin Netanyahu était sur le point d’être formé le week-end dernier à l’initiative de Yair Lapid et d’Isaac Herzog, chef du parti travailliste, lequel a présagé vendredi qu’il serait le prochain Premier ministre d’Israël.

« Il est temps de mettre les egos de côté, et de travailler ensemble au sein d’un grand bloc… avec un grand parti travailliste », a déclaré hier, Ytshak Herzog à la tribune de la Knesset. Il a prédit que le parti travailliste serait en tête après les élections du 17 mars, « nous allons conduire le pays vers un avenir meilleur.»

Quelques heures plus tôt, Yair Lapid avait déclaré, que Yesh Atid sera à la tête de cette coalition du centre. «Nous allons nous allier avec d’autres partis pour remplacer la direction actuelle et reprendre énergiquement les choses à l’endroit où nous nous sommes arrêtés. Tout est prêt. Tout est déjà sur la table. Tout peut redémarrer », a-t-il certifié.

Chacun à son tour, ces deux leaders ont courtisé Tsipi Livni. Mais l’ancienne ministre de la Justice et cheffe du parti Hatnoua serait plus encline à fusionner avec le parti travailliste, si l’on en croit des confidences de son entourage.

Selon un sondage diffusé commandé et diffusé lundi par la chaîne télé de la Knesset, une liste commune Herzog-Livni serait créditée de 23 sièges, contre 21 sièges pour le Likud du Premier ministre. Mais, séparément, le parti Herzog-travailliste ne recueillerait que 17 sièges et Livni-Hatnua ne passerait pas le seuil d’éligibilité.

C’est sans doute la raison pour laquelle cette dernière a confirmé samedi que son parti était sur le point de sceller un accord d’alliance avec les travaillistes en vue du scrutin de mars, affirmant qu’une telle alliance serait en mesure d’offrir aux électeurs israéliens une alternative viable au Likud de Netanyahu.

Pendant ce temps, HaBayit HaYehudi de Naftali Bennett et le Likud ont signé un accord dit de « votes excédentaires » – pour s’assurer qu’aucune voix recueillie par chacun des deux partis ne serait perdue quant le nombre de sièges à la Knesset sera réparti selon la disposition dite « du plus fort reste » prévue par la loi électorale israélienne de proportionnelle quasi intégrale.

Un accord similaire a été conclu lundi entre Yisrael Beitenu d’Avigdor Liberman et le parti de l’ancien député du Likud Moshe Kahlon, lequel ne s’est pas encore doté de dénomination officielle.