Un nombre croissant de députés des rangs du parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu ont démenti ce week-end les rumeurs de report de la prochaine élection présidentielle ou même d’annulation de cette fonction.

« Nous n’autoriserons pas l’amendement d’une loi fondamentale uniquement pour des considérations personnelles », a déclaré le député Likud Haim Katz samedi.

« Reuven Rivlin est le candidat favori du Likud et nous devons tous le soutenir. Nous nous opposerons à tout effort de reporter l’élection présidentielle ou d’abolir [la présidence]. »

Selon des informations révélées vendredi, Netanyahu serait l’instigateur d’une initiative visant à voter un report des élections, prévues pour fin juin, à un délai de six mois.

Selon Kol Israël, le président de la Knesset Yuli Edelstein remplacerait provisoirement Shimon Peres, dont le mandat de sept ans se termine en juillet.

Netanyahu, qui, dit-on, souhaiterait abolir la présidence, pourrait sans doute utiliser ce laps de temps pour faire passer une loi en ce sens, selon Maariv.

Le ministre de l’Intérieur Gideon Saar, qui fut le premier membre du Likud à exprimer son opposition, a été suivi par Katz, puis par la députée Miri Regev dimanche.

« Nous devons organiser les élections dans les délais », a déclaré Regev. « L’abolition de la fonction présidentielle et le report des élections envoie un message antidémocratique. On ne doit pas changer les règles au milieu du jeu ».

L’opposition au sein de la coalition au pouvoir ne se limite pas à ceux qui se sont exprimés publiquement, selon le site Ynet.

« L’abolition de la fonction présidentielle et le report des élections envoie un message antidémocratique. On ne doit pas changer les règles au milieu du jeu »

Miri Reguev

« Comme toujours, le comportement [de Netanyahou] est celui d’un amateur », a déclaré une haute personnalité de la coalition.

« Netanyahu n’a, à ce stade, ni la capacité ni le pouvoir de mener à bien ce processus. »

« Et il ne dispose pas des partenaires de coalition nécessaires. Il semblerait, pour l’heure, qu’il n’y ait aucune éventualité de report des élections présidentielles ».

Jusque-là, la campagne présidentielle fut quelque peu tendancieuse, marquée par un dénigrement entre les différents candidats à un poste généralement occupé par un homme d’État respecté, censé servir de boussole morale pour le pays.

Parmi ceux en lice pour devenir le prochain président d’Israël : un ancien ministre de la Défense, un ancien ministre des Affaires étrangères, un ancien ministre des Finances, un homme de loi vétéran et respecté et un lauréat du prix Nobel.

Binyamin Ben-Eliezer, 78 ans, ancien général, arrivé en Israël d’Irak alors qu’il était enfant, entretient de bonnes relations avec les dirigeants arabes, et promet d’être un leader fédérateur qui tendra la main aux pays voisins.

Il fut particulièrement proche du président égyptien déchu Hosni Moubarak et affirme entretenir de bonnes relations avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

Son principal rival est Reuven Rivlin, ancien président de la Knesset et pilier du Likud. A en croire la plupart des sondages d’opinion, il est le candidat favori du public.

Mais ce sont les 120 membres du parlement qui en décideront, par bulletin secret, ajoutant à la nature imprévisible de la course.

Rivlin serait le « mal-aimé » de Netanyahu, qui entretient des liens tendus avec l’ancien président de la Knesset depuis les élections nationales de janvier 2013.

Le candidat joker est, Silvan Shalom, un homme politique du Likud qui durant sa la longue carrière a occupé successivement les fonctions de ministre des Affaires étrangères et des Finances.

La campagne de Shalom a encaissé un grand coup quand une ancienne collaboratrice l’a accusé de harcèlement sexuel. Shalom a qualifié ces accusations de complot politique visant à l’écarter d’une course qu’il n’avait pas encore officiellement rejointe.

Un duo de candidats, en dehors de l’arène politique, misent sur l’aversion du public pour les politiciens professionnels. Mais les deux, Dan Shechtman, professeur au Technion qui a remporté le prix Nobel 2011 de chimie, et Dalia Dorner, juge de la Cour suprême à la retraite, semblent avoir peu de chance de gagner.

Ont également peu de chances d’accéder au poste tant convoité : Meïr Shitrit, ancien ministre des Finances, et Dalia Itzik, également ancienne présidente du parlement.

Mais tout reste possible, notamment en vertu du fait que Netanyahou, qui exerce le pouvoir le plus politique le plus important du pays, n’a pas encore fait connaître sa préférence, selon Amit Segal, un analyste politique de la Deuxième chaîne.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.