La rencontre samedi du Premier ministre avec des ministres du Likud pour discuter de son changement de position sur un accord avec le ministre des Finances a provoqué la colère de ses alliés des partis religieux de sa coalition, qui ont fustigé son manque de respect « inacceptable » pour Shabbat.

Netanyahu, qui partait pour la Chine samedi soir, a rencontré les ministres du Likud Miri Regev, Yariv Levin et Tzahi Hanegbi, ainsi que le président de la coalition David Bitan, à sa résidence de Jérusalem plus tôt dans la journée afin de discuter de la crise qui se développe dans la coalition après son changement de position concernant la mise en place du nouveau radiodiffuseur public.

Moshe Gafni, député de Yahadout HaTorah, a déclaré qu’il était « inacceptable » que le Premier ministre participe à une réunion pendant Shabbat.

« C’est un incident grave et sans précédent, qui est inacceptable religieusement, même s’il s’agissait d’une rencontre non officielle », a déclaré Gafni.

Moshe Gafni, député de Yahadout HaTorah et président de la commission des Finances, à la Knesset, le 6 septembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Moshe Gafni, député de Yahadout HaTorah et président de la commission des Finances, à la Knesset, le 6 septembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député ultra-orthodoxe a indiqué que le bureau de Netanyahu lui avait répondu que la rencontre de samedi n’était pas prévue et que le Premier ministre avait promis que cela ne se reproduirait plus.

« Quelques ministres sont venus à une rencontre non officielle », a déclaré le bureau du Premier ministre à Gafni. « Il [Netanyahu] respecte lui-même Shabbat et a promis que l’incident ne se reproduirait pas à l’avenir. »

Yaakov Litzman, le ministre de la Santé, lui aussi membre du parti Yahadout HaTorah, a déclaré qu’il était « choqué » d’apprendre que la réunion avait eu lieu et qu’il demanderait une clarification de Netanyahu concernant cet « incident grave » plus tard dans la soirée.

« C’est un grave manque de respect envers la sainteté du Shabbat, et un changement négatif du status quo de ne pas tenir de réunions officielles du gouvernement pour Shabbat et pendant les fêtes », a-t-il déclaré.

Avec les enquêtes policières dont Netanyahu fait l’objet dans plusieurs affaires entraînant des incertitudes sur son avenir politique, tous les partis semblent se préparer pour de nouvelles élections dans un futur proche.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ministre des Finances Moshe Kahlon pendant la réunion hebdomadaire du cabinet, à Jérusalem, le 19 février 2017. (Crédit : Olivier Fitoussi/Pool)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ministre des Finances Moshe Kahlon pendant la réunion hebdomadaire du cabinet, à Jérusalem, le 19 février 2017. (Crédit : Olivier Fitoussi/Pool)

Samedi, Netanyahu a alimenté les rumeurs concernant des élections anticipées en faisant machine arrière sur un accord avec le ministre des Finances Moshe Kahlon sur la mise en place du nouveau radiodiffuseur public.

Si Kahlon refuse d’abandonner le nouveau radiodiffuseur, Netanyahu aurait dit samedi chez lui aux ministres du Likud que « nous organiserons des élections ». Pendant ces élections, aurait-il ajouté, le parti Koulanou de Kahlon sera effacé de la carte politique, et il fera ensuite adopter une législation pour annuler la nouvelle corporation.

Furieux, Kahlon aurait contacté le chef de l’opposition, Isaac Herzog, et discuté avec lui de la possibilité de demander une motion de censure du gouvernement. « Si Netanyahu veut des élections, nous aurons des élections », aurait déclaré Kahlon, le président de Koulanou, à ses collègues.

« Netanyahu n’a aucune honte et se comporte de manière irresponsable », a déclaré un responsable de Koulanou à la radio militaire samedi soir. « Il a décidé que cela lui convenait d’organiser de nouvelles élections, le radiodiffuseur n’est qu’une excuse. »

Le parti d’opposition Meretz va déposer une proposition de loi de dissolution de la Knesset cette semaine. La présidente du parti, Zehava Galon, accuse Netanyahu d’avoir causé la crise dans la coalition pour détourner l’attention des enquêtes policière dont il fait l’objet.

La police arrive à la résidence du Premier ministre à Jérusalem pour interroger Benjamin Netanyahu, le 6 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La police arrive à la résidence du Premier ministre à Jérusalem pour interroger Benjamin Netanyahu, le 6 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les analystes politiques de la Deuxième chaîne ont suggéré que les accusations de corruption dont Netanyahu fait l’objet pourraient être un des facteurs de ses tactiques, et qu’il pourrait estimer utile d’avoir la possibilité de recourir rapidement à des élections alors que les enquêtes policières sur sa conduite atteignent un point critique.

Yaakov Litzman a déclaré au site d’information Walla que son parti, Yahadout HaTorah, n’avait aucun intérêt sur la question du radiodiffuseur, « mais s’ils décident de lancer des élections pour cela, nous irons. A mon avis, c’est inutile, mais comme je l’ai dit, nous ferons face à toute conséquence. »

Yahadout HaTorah a menacé de ne pas voter avec la coalition cette semaine, à moins qu’une commission supervisant les autorisations des écoles ne soit mise en place d’ici lundi. Les accords de coalition entre Netanyahu et le parti ultra-orthodoxe de 2015 stipulent que cette commission devait être mise en place dans les 60 jours suivant la formation du gouvernement.