Le 31 décembre, le Conseil de sécurité des Nations unies a rejeté la résolution palestinienne prévoyant unilatéralement les conditions de la paix entre Palestiniens et Israéliens.

La France, membre permanent du Conseil, a apporté son soutien à la résolution, contrairement aux Etats-Unis qui ont voté contre.

Pourtant, la France, par le biais de son ambassadeur à l’ONU, François Delattre, a fait part de ses réserves tant sur le fond que sur la forme à propos de ce texte dont la dernière version a été vue comme un durcissement – notamment sur le plan linguistique.

« Ce texte n’est pas idéal. Certaines formulations et la méthode suscitent nos réserves », indique le diplomate français.

La position de Paris, dont le propre texte n’a finalement pas été soumis au vote, est motivée par le souhait des autorités françaises de pouvoir peser sur le conflit, ont indiqué au JDD des sources diplomatiques : « Les Etats-Unis ne peuvent pas porter seuls le fardeau. Il faut une méthode différente qui implique la Ligue Arabe, l’Europe, et le Conseil de sécurité. »

Laurent Fabius et François Hollande témoignent l’un et l’autre d’une impatience française face à une situation qui n’a guère évolué depuis une décennie.

« Cela fait trop longtemps qu’il y a des discussions, des négociations, des suspensions, des arrêts, des interruptions et qu’il y a l’idée qu’il n’y aura jamais de solution pour en terminer avec le conflit israélo-palestinien », déclarait à l’automne le président français à Mahmoud Abbas.

Devant le Conseil de Sécurité, François Delattre a indiqué que c’était « poussés par l’urgence à agir, par la nécessité profonde d’une adaptation de méthode, par la responsabilité qui incombe à chaque membre du Conseil de sécurité, que nous avons voté en faveur de la résolution présentée par la Jordanie. »