Une curieuse fête de rue a eu lieu vendredi dans le quartier sud de Baka à Jérusalem lorsqu’un groupe de femmes s’est réuni pour baptiser une rue dans la capitale, celle de Dinah, en l’honneur de la figure biblique, fille du patriarche Jacob et de la matriarche Léah.

Ce qui rendait l’événement inhabituel était que les neuf participantes portaient le même nom – Dinah – quoique avec quelques différences sur la façon de l’écrire.

Le rassemblement a été organisé par Deena Levenstein et Dina Pinner via Facebook.

La rue Dinah est une rue piétonnière commerçante qui mène à travers un nouveau complexe de logements au large de la rue Bethlehem, dans le sud de la capitale. Beaucoup de rues de la région portent le nom de personnages bibliques, dont 11 des 12 fils de Jacob, à l’exception de Joseph.

Les organisatrices ont dit ne pas savoir exactement quand la rue a été nommée ainsi. Pinner (une connaissance de ce journaliste) a dit que même si elle habite à proximité, elle n’a entendu parler de la rue que lorsqu’un ami a posté une photo du panneau de la rue sur Facebook, ce qui lui a donné l’idée de faire la fête.

Les Dinah comprenaient des immigrantes de différents pays et ayant diverses professions. Il y avait entre autres une orthophoniste, une statisticienne, une enseignante.

Dina Herz, originaire de Suisse, qui travaille comme aumônière à l’hôpital Hadassah d’Ein Kerem, a apporté une photo qui lui a été donnée par une autre Dinah, une patiente qui n’a pas pu assister à l’événement. La photo était sa façon à elle de participer.

« Elle m’a demandée de la représenter », a expliqué Herz.

Le rassemblement a également donné lieu à des retrouvailles inattendues – Dina Michal Zetner a indiqué qu’elle était l’enseignante de Levenstein lorsqu’elle est arrivée en Israël depuis Toronto à l’âge de 11 ans.

Certaines des Dinah étaient des sabras. Dina Rachel Segev, qui travaille au Bureau central des statistiques, est une Hiérosolymitaine de la huitième génération. Elle a traversé la ville de Pisgat Zeev pour participer à la fête de rue qui, a-t-elle expliqué, revêtait pour elle une signification particulière. Dans le cadre de son travail à la CBS, elle a été chargée de cartographier la rue Dinah et ses nouveaux appartements.

« Je ressens toujours une connexion avec les autres Dinah », a déclaré Levenstein. « L’idée d’un groupe de Dinah se réunissant dans une rue nommée à long terme en notre nom était une opportunité à ne pas manquer. N’importe quelle opportunité de prendre des gens de différents horizons et de les connecter, j’adore. »

« Je suis étonnée que tant de Dinah soient venues », a-t-elle ajouté. « C’est tellement touchant. »

En ce qui concerne l’orthographe de son nom, Deena, plutôt que le plus commun « Dinah », a dit que c’était ses parents qui ont décidé, notant qu’il s’agissait d’une traduction plus précise de l’hébreu original vers l’anglais.

Sa famille a de toute évidence un certain penchant pour les noms bibliques. Le nom de son père est Yaakov, son grand-père a été nommé Yitzchak – les formes hébraïques originales de Jacob et Isaac – et elle a un frère qui s’appelle Joseph.

Pinner, une professeur d’anglais qui a immigré depuis le Royaume-Uni, a déclaré que ses étudiants arabes soulignent souvent que Dinah est aussi un nom populaire chez les femmes arabes.

La Genèse 34 raconte l’histoire dramatique de Dinah, connue par les Chrétiens comme « le viol de Dinah », et rappelle comment Jacob et sa famille ont campé à Sichem, identifié comme étant près de la ville moderne de Naplouse en Cisjordanie.

Dinah est allée rendre visite aux femmes de la localité mais le fils du prince local a pris Dinah et l’a violée, mais il est aussi tombé amoureux d’elle et a demandé à son père de négocier avec Jacob pour obtenir sa main en mariage. Cependant, deux frères de Dinah, Shimon et Levi, ont vengé leur sœur et tué tous les hommes de la ville, l’ont pillée et ramené Dinah auprès de leur famille.

Bien que l’attention du public ait récemment porté sur le harcèlement sexuel à la suite d’accusations d’abus de la part d’une liste croissante de personnalités hollywoodiennes, ce n’est pas le viol de Dinah qui lui vient à l’esprit, mais les efforts de la figure biblique. Construire des liens avec ses voisins.

« Je ne m’associe pas à son histoire d’agression sexuelle… Je l’associe à l’idée de faire partie d’une grande famille qui voulait se connecter avec les gens. »

Après le succès de leur premier événement, les Dinah envisagent maintenant de former un groupe de médias sociaux – pour aider d’autres Dinah à se connecter.