Le chef de la diplomatie israélienne Avigdor Liberman a menacé mardi de recourir à des réquisitions contre les employés du ministère israélien des Affaires étrangères en grève générale depuis dimanche.

Liberman a déclaré qu’il examinait « la possibilité » d’émettre des ordres de réquisition pour contraindre les grévistes à reprendre le travail lors d’une conférence de presse organisée à la Knesset en raison de la fermeture du ministère des Affaires étrangères.

« Les grévistes ont dépassé toutes les bornes. J’ai donné ordre au ministère de rompre tout contact avec le syndicat des employés tant que le travail n’aura pas repris », a averti M. Liberman.

Le ministre a démenti que les diplomates israéliens soient sous-payés, comme l’affirment les grévistes. « Les ambassadeurs perçoivent 10 000 euros ou 10 000 dollars par mois » selon l’affectation, a-t-il assuré.

M. Lieberman a ainsi répondu aux accusations des grévistes en précisant que l’ambassadeur d’Israël au Népal touchait un salaire mensuel de 9 752 dollars et son homologue à Berlin 10 152 d’euros brut « sans compter les frais de représentation et le logement ».

L’ambassadeur israélien basé à Bruxelles reçoit pour sa part 9 977 d’euros, a-t-il précisé.

Les employés des Affaires étrangères, en grève depuis plusieurs semaines, ont durci leur mouvement dimanche en décrétant un arrêt de travail général dans les représentations diplomatiques israéliennes à l’étranger ainsi qu’au ministère à Jérusalem.

Peu après les déclarations de M. Liberman, 200 protestataires ont manifesté bruyamment, à coups de sifflets, à l’entrée des bâtiments du ministère à Jérusalem, selon des témoins.

Selon les médias, il s’agit de la première grève générale des diplomates israéliens depuis la création de l’Etat en 1948.

Le président Shimon Peres est lui-même intervenu mardi dans ce conflit social.

« Depuis sept mois il y a un processus de médiation entre les employés et le ministère des Finances (…) J’appelle les deux parties à trouver une solution d’urgence », a plaidé le chef de l’Etat israélien, selon un communiqué de son bureau.

Les diplomates israéliens se plaignent depuis des années d’être mal payés et de subir un manque de considération à leur égard.

Ce mouvement de grève, qui concerne les diplomates mais aussi les employés administratifs du ministère, a été lancé au printemps dernier.

Il a ensuite été suspendu en juillet avec l’ouverture de négociations avec le ministère des Finances.

Mais les négociations salariales ont capoté le 4 mars.

Depuis, les diplomates refusent de s’occuper de l’organisation des visites officielles, que ce soit en Israël ou à l’étranger, et les services consulaires ne délivrent plus aucun visa.

La grève provoque une paralysie générale des activités diplomatiques d’Israël.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a ainsi dû renoncer à une tournée — sans précédent pour un chef de gouvernement — en Amérique latine qui devait le conduire au Mexique, en Colombie et à Panama au début du mois prochain.

Le ministre de la Défense Moshé Yaalon a également été contraint d’annuler une visite à Rome prévue la semaine prochaine.

En revanche, le premier pélerinage du pape François en Terre sainte, prévu les 25 et 26 mai, ne semble pas pour le moment être remis en question, selon des sources vaticanes.