Les dirigeants druzes israéliens ont mis en garde le gouvernement : si l’ordonnance de démolition contre les structures illégalement construites dans leur communauté était mise en œuvre, elle pourrait rencontrer une résistance violente.

Depuis le mois de novembre, une vingtaine de familles des villages druzes du nord de Maghar, Yarka et Isfiya ont reçu des ordres de démolition, a annoncé lundi le quotidien Haaretz.

Cinq de ces ordres auraient été envoyés à des familles de soldats israéliens morts au combat.

Les ordres émis pour les maisons dans les villages druzes surviennent en pleine vague de démolitions de maisons ordonnées par le gouvernement dans les villes bédouines et arabes, à la demande du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui cherche à réprimer la construction illégale dans les communautés arabes.

Les Arabes israéliens répondent à cela que la discrimination officielle rend presque impossible l’obtention de permis de construire, et que la construction illégale est la conséquence de cette réalité.

La semaine dernière, les démolitions de maisons dans le village bédouin d’Umm al-Hiran, dans le Néguev, ont provoqué de violents affrontements et il y ce qui a été qualifié d’attaque à la voiture bélier a tué un policier. Le conducteur, un habitant du village, a été abattu par la police.

Manifestation d'Arabes israéliens contre les démolitions de maison, à Arara, le 21 janvier 2017. (Crédit : autorisation)

Manifestation d’Arabes israéliens contre les démolitions de maison, à Arara, le 21 janvier 2017. (Crédit : autorisation)

Dans les jours qui ont suivi, des milliers d’Arabes israéliens ont manifesté pour protester contre cette politique, affirmant que le racisme autorisé par l’État et l’utilisation excessive des forces de police contre les Arabes ont mené à cet incident.

Les démolitions à Umm al-Hiran faisaient suite aux demandes de décembre de Netanyahu, qui a ordonné au ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan d’intensifier la démolition des constructions illégales des Arabes israéliens.

Cet appel a été lancé par le Premier ministre pour détruire de telles constructions alors que les autorités se préparaient à démanteler Amona, un avant-poste illégal en Cisjordanie, qui sera évacué au plus tard le 8 février.

Dans une vidéo publiée en hébreu sur Facebook et adressée aux habitants d’Amona, Netanyahu avait promis que les démolitions des logement devaient « être égalitaires ».

« La même loi qui nécessite l’évacuation d’Amona, nécessite l’évacuation des constructions illégales ailleurs dans notre pays », avait-il affirmé.