JTA — Les Juifs américains ont versé des pièces de monnaie dans les boîtes caritatives du Fonds national juif pour aider les Sionistes à construire l’Etat juif.

Plus d’un siècle plus tard, le JNF, connu en hébreu sous le nom de Keren Kayemeth LeIsrael, est riche. Il est propriétaire de 13 % de toutes les terres et rapporte environ 3 milliards de dollars par an, la plus grande partie de la somme provenant de ses ventes foncières.

Israël veut dorénavant une grande coupe dans ce revenu pour aider à financer des projets d’infrastructure nationaux sous l’auspice de l’Etat, et le gouvernement est en train de faire avancer une législation qui forcerait le Fonds national Juif à payer. Mais le JNF résiste, disant qu’il fait un bon travail en développant le pays de son côté.

Le gouvernement a le sentiment d’avoir des droits sur l’argent du JNF, qui, selon sa mission, sert de fidéicommis au peuple juif. Tandis que le JNF n’est pas dirigé par l’Etat, un grand nombre de ses responsables sont nommés par le gouvernement et une agence publique, l’Autorité israélienne des Terres, gère et vend ses terrains. Dans le passé, le gouvernement a souvent puisé dans les fonds du JNF pour répondre à ses besoins et il cherche actuellement à financer son budget de deux ans.

Le directeur-général du Fonds national juif, Danny Atar. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

« Le JNF vend des terres tous les ans et reçoit des milliards de shekels en retour », a expliqué mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une réunion gouvernementale d’urgence sur la question. « Il est très important que cet argent soit canalisé vers les besoins de l’Etat d’Israël ».

En réponse, le JNF a affirmé qu’il a gagné son droit à l’indépendance. Créé en 1901, il a acheté des terres et fondé des implantations où Israël s’est établi en 1948. Connu pour avoir planté des centaines de millions d’arbres en Israël, l’organisation à but non lucratif se concentre également sur la réhabilitation des terres et le développement des communautés hors du centre d’Israël.

« M le Premier ministre, le KKL-JNF investit des milliards chaque année dans le renforcement de la périphérie, de l’éducation et de l’environnement », a tweeté mardi le chef du Fonds national juif, Daniel (Danny) Atar, utilisant l’acronyme incluant le nom hébreu de l’organisation. « C’est une honte que vous, Bibi, soyez en train d’exaucer le rêve du démantèlement du JNF ».

Jamal Zahalka, membre de la Knesset issu de la Liste arabe unie, fait partie de ceux qui critiquent le JNF, coupable, selon lui, de ne vendre des terrains qu’aux Juifs exclusivement.

Certains voudraient voir des réformes engagées au sein du fonds national juif, mais pour d’autres raisons.

Au mois de janvier, un rapport cinglant établi par le contrôleur d’Etat a caractérisé le JNF comme peu économe, opaque, et potentiellement compromis par des conflits d’intérêts. Selon le rapport, sur les 15 mois qui ont mené au mois de novembre 2015, le JNF a dépensé juste un tiers de ses revenus sur des projets publics de développement de terre, contre 43 % d’argent versé pour « étendre ses propres actifs financiers ». Le contrôleur a recommandé une supervision gouvernementale élargie de l’organisation.

En réponse, le JNF a publié une liste de réformes planifiées au mois de mai qui, selon Atal, « s’attaqueraient courageusement aux échecs et à la critique, utilisant ce moment de faiblesse pour amorcer un tournant significatif dans la vie de l’organisation ».

Sous la pression du gouvernement, Atar a accepté le mois dernier de verser 2 milliards de shekels en deux fois –
cette année et l’année suivante. Mais le conseil d’administration de l’organisation a rejeté la proposition, offrant de ne verser que le premier paiement.

Ce qui a mené les ministres du gouvernement à faire avancer une législation, mardi, qui exigerait du JNF le transfert de 80 % de son revenu au ministère des Finances tous les ans ou la perte de son statut fiscal d’exemption d’impôts. Le président de la coalition David Bitan aurait indiqué aux ministres que le gouvernement doit collecter l’argent ou s’effondrer, obligeant à la tenue de nouvelles élections.

Toutefois, plusieurs membres de la coalition se sont refusés à adopter une ligne d’intransigeance envers l’institution sioniste vénérable et, dans l’après-midi de mardi, la commission des Finances de la Knesset a réduit la demande de la législation à 65 % du revenu annuel du JNF.

Aujourd’hui, le Fonds national juif a déclaré un gel sur la commercialisation et le développement des projets de logement sur les parcelles dont il est propriétaire. Jeudi, les chefs de l’Organisation sioniste mondiale, affiliée au JNF, se rencontreront en urgence pour évoquer la situation.

En l’occurrence, la branche américaine du JNF accueillera également sa conférence annuelle ce week-end dans le sud de la Floride. Mais l’événement devrait faire peu de choses pour s’attaquer à la situation en Israël. Le JNF-USA a cessé d’envoyer de l’argent des boîtes bleues – et c’est le cas aussi ailleurs – à son homologue israélien et finance largement ses projets distincts.