Isaac Newton, la figure importante anglaise mieux connue pour avoir découvert les lois de la gravité, a également été fasciné par la théologie et comprenait suffisamment l’hébreu pour lire la Bible juive et d’autres textes.

Maintenant, ses 7 500 documents théologiques manuscrites, qui se trouvent à la Bibliothèque nationale d’Israël, ont été reconnus par l’UNESCO dans le cadre de son programme « Mémoire du monde » visant à préserver les documents qui ont contribué à l’histoire et au développement de l’humanité.

« Newton croyait que la science et la foi étaient inextricablement liées », a déclaré la direction de la Bibliothèque dans un communiqué, « et que Dieu est l’auteur de deux livres : le livre de la science et le Livre Saint. Ces deux livres sont la clé de la compréhension du monde et de son histoire depuis le début jusqu’à la fin. Comme énoncé dans cette collection exquise, Newton a permis à la physique et à la théologie de vivre ensemble en parfaite harmonie ».

Le Dr Milka Levy-Rubin, le conservateur de la collection des sciences humaines de la bibliothèque, a déclaré à la radio israélienne mercredi que Newton croyait que s’il pouvait interpréter correctement les secrets cryptés dans la Bible et d’autres textes sacrés, il atteindrait la vérité et serait en mesure de découvrir l’avenir et de comprendre le passé.

Il appartenait à un groupe de penseurs au 17e siècle surnommé les hébraïsants, qui ont étudié l’Ancien Testament, ainsi que le Talmud et la Kabbale.

Il pouvait écrire l’hébreu et le lire suffisamment pour le comprendre, avec l’aide de guides linguistiques, a précisé Levy-Rubin.

Les documents sont tombés entre les mains de Abraham Shalom Yahuda, né à Jérusalem, un linguiste et écrivain, un expert en études du Moyen-Orient et un collectionneur de documents rares, en 1936.

La famille Newton avait proposé de faire don des manuscrits du savant à son alma mater à l’université de Cambridge. Intéressé uniquement par les documents qui traitaient de la physique, l’université a rendu les manuscrits portant sur la chimie et la théologie, a expliqué Levy-Rubin.

Shalom Yahuda a pu acheter les manuscrits théologiques à des enchères chez Sotheby’s pour une fraction de leur valeur, parce que Christie’s avait organisé une vente aux enchères d’art impressionniste, qui avait attiré plus d’acheteurs.

Les documents sur la chimie ont été achetés par l’économiste britannique John Maynard Keynes, qui a procédé à des échanges post-enchères avec Shalom Yahuda, selon Levy-Rubin. La collection théologique a été remise à la Bibliothèque nationale d’Israël à la fin des années 1960.

Newton a introduit la science dans son enquête sur les œuvres religieuses. Il a calculé que la fin du monde aurait lieu en 2060 et croyait pouvoir reconstruire le Temple s’il pouvait retrouver la longueur des aqueducs qui ont apporté de l’eau là-bas.

Il était fasciné par le Troisième Temple prophétisé par Ezéchiel et a étudié d’autres prophètes bibliques tels que Daniel, a ajouté Levy-Rubin.

La collection de la Bibliothèque nationale des documents de Newton est maintenant à la disposition du grand public dans un format numérique.

Tous les documents sont également liés au catalogue du projet Newton où ils sont présentés en deux versions : une version « diplomatique » qui inclut toutes les modifications et les corrections telles qu’elles apparaissent dans le manuscrit original et une version propre qui permet une lecture continue du texte.