La communauté internationale va tenter dimanche au Caire de réunir quatre milliards de dollars réclamés par l’Autorité palestinienne pour la reconstruction de la bande de Gaza, alors que Washington appelle à relancer le processus de paix.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry est arrivé en début de matinée dans la capitale égyptienne où une trentaine d’autres chefs de la diplomatie et le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon sont attendus pour cette conférence internationale co-organisée par l’Egypte et la Norvège.

« D’importantes questions ont été évoquées par nombre de donateurs quant à la meilleure façon de rompre le cycle » de la violence, afin « qu’on ne se retrouve pas au même point dans un ou deux ans », a déclaré samedi un représentant du département d’Etat avant le départ de M. Kerry de Washington.

En juillet et août, 50 jours de guerre entre Israël et des groupes armés palestiniens, dont les islamistes du Hamas qui dirigent de facto la petite enclave.

Quelque 100 000 Palestiniens se retrouvent sans abri dans cette bande de territoire exigu et surpeuplé, où 45 % de la population active et 63 % des jeunes étaient au chômage avant même cette guerre.

Et l’argent promis lors d’une précédente conférence internationale de reconstruction de Gaza, en 2009, n’était en partie jamais arrivé ou n’avait pas contribué à améliorer sensiblement la vie des Gazaouïs.

L’Autorité palestinienne a présenté un projet de reconstruction de Gaza de 76 pages, pour un montant de 4 milliards de dollars dont la plus grande partie est affectée à la construction de logements.

Infrastructures et entreprises ont été endommagées alors que l’électricité et l’eau manquent dans ce territoire qui reste sous blocus israélien et égyptien.

Le PIB devrait diminuer de 20 % au cours des neuf premiers mois de 2014 par rapport à 2013.

La reconstruction devrait donc prendre de longues années. Mais, si le besoin d’argent est énorme, les motifs de réticence sont considérables.

La conférence pourrait produire un chiffre de promesses élevé, mais « un certain pessimisme est de rigueur, les gens en ont assez de payer sans horizon politique », affirmait récemment un diplomate sous couvert d’anonymat.

Les Etats-Unis sont les seuls pour le moment à avoir pris un engagement pour verser 118 millions de dollars mais l’Europe et les pays arabes devraient aussi promettre des sommes importantes.

‘Casser le cycle’

Une grande partie de la communauté internationale espère pouvoir miser à terme sur plus de stabilité politique à Gaza avec la réconciliation récente entre l’Autorité palestinienne, dominée par le parti nationaliste Fatah de Mahmoud Abbas, et le Hamas, qui contrôle la petite enclave coincée entre l’Egypte et Israël, mais est considéré comme un mouvement terroriste par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne.

Le gouvernement d’union palestinien s’est réuni dans la bande de Gaza jeudi pour la première fois depuis sa formation en juin, après des années de déchirements entre Hamas et Fatah.

Il s’agit d’envoyer aux donateurs un message clair : l’argent destiné à la reconstruction sera bien utilisé par une autorité composée de personnalités indépendantes.

Et Ban Ki-moon a prévenu : il n’y aura pas de solution durable aux problèmes de Gaza sans règlement global entre Palestiniens et Israéliens.

Et c’est d’ailleurs pour une relance du dialogue que va plaider John Kerry durant la conférence, en marge de laquelle il devrait rencontrer le président palestinien Mahmoud Abbas, selon des diplomates américains.

M. Kerry exprimera la volonté des Etats-Unis « de ré-engager des négociations et de contribuer à faciliter leur succès », selon son entourage.

Le secrétaire d’Etat « parlera de la nécessité de régler les questions sous-jacentes au conflit israélo-palestinien afin d’avoir vraiment une solution durable au problème de Gaza », a–on ajouté.

Kerry a été l’artisan de la reprise du processus de paix israélo-palestinien entre juillet 2013 et avril dernier. Depuis son échec, il n’a toutefois jamais abandonné l’idée d’une relance.