LONDRES – Une dispute amère a éclaté à la fin d’un rassemblement vendredi à Golders Green, dans le nord de Londres.

Sous le slogan « Golders Green Together », la manifestation a été organisée pour montrer l’opposition des participants à un rassemblement organisé par les néo-nazis qui avait été prévu pour le quartier, qui est surnommé le « cœur juif » de Londres.

Mais les drapeaux israéliens lors de cet événement bon enfant sont devenus un élément de discorde.

Plus tôt cette semaine, la police métropolitaine de Londres a annoncé qu’elle avait déplacé le lieu su rassemblement néo-nazi dans une zone sécurisée à Richmond Terrace à Whitehall, où les manifestants seront confinés à un créneau d’une heure samedi avant d’être dispersés.

En préparation à l’invasion néo-nazie prévue, cependant, les opposants juifs traditionnels, y compris l’organisation du Conseil des députés des Juifs britanniques, le Forum juif de Londres, et le groupe anti-fasciste pluraliste HOPE Not Hate, avaient uni leurs efforts à Golders Green pour déclarer que vendredi sera une « journée d’action ».

Une variété de communautés religieuses de la région avait apporté leur soutien à la journée d’action, et les organisateurs ont décidé que la manifestation serait organisée même si la manifestation de l’extrême-droite avait été déplacée.

Vendredi matin, deux femmes sont arrivées à l’événement portant un immense drapeau israélien et ont procédé à décorer le mémorial de guerre de Golders Green, où le rassemblement avait lieu.

Sharon Klaff (à gauche) et Amber Shetreet, prétendaient représenter cinq organisations de base qui surveillent l'antisémitisme, et a déclenché une querelle au Golders Green Together avec leur utilisation des drapeaux israéliens, le 3 juillet 2015 (Crédit : Jenni Frazer / The Times of Israël)

Sharon Klaff (à gauche) et Amber Shetreet, prétendaient représenter cinq organisations de base qui surveillent l’antisémitisme, et a déclenché une querelle au Golders Green Together avec leur utilisation des drapeaux israéliens, le 3 juillet 2015 (Crédit : Jenni Frazer / The Times of Israël)

Les femmes, Sharon Klaff et Amber Shetreet, prétendaient représenter cinq organisations de base qui surveillent l’antisémitisme.

Elles ont dénoncé le Conseil des députés pour ce qu’elles ont appelé une coopération « Kumbaya avec HOPE Not Hate, qui, ont-elles insisté est violemment anti-Israël. (Gemma Levine, la directrice adjointe de HOPE Not Hate, a catégoriquement nié cette allégation.)

Bien que les femmes aient tenté de diffuser leurs idées à travers un mégaphone lors de l’événement de la matinée, la plupart des autres participants, occupés à draper les lampadaires et les bacs à fleurs dans les couleurs de Golders Green, en or et vert, n’ont pas interagi avec elles.

Mais un homme d’affaires israélien furieux, Eyal Landau, n’était pas d’humeur à les ignorer. Malgré les protestations de colère de Klaff et Shetreet, Landau les a accusés de « manquer de respect » au drapeau israélien.

« Des gens sont morts pour ce drapeau », a-t-il proclamé, tandis qu’il se dirigeait vers le mémorial de guerre en décrochant les drapeaux des femmes.

« Vous n’avez pas le droit d’utiliser ce drapeau ici », s’est emporté Landau. « Vous faites de grands dommages. Cet événement n’est pas au sujet d’Israël, c’est à propos de l’antisémitisme. Ça suffit ».

Alors que Landau disait aux femmes qu’il les signalerait à l’ambassade d’Israël pour avoir utilisé abusivement le drapeau, les femmes, à leur tour, lui a dit qu’il n’avait pas le droit de toucher leur propriété.

Le député conservateur de Golders Green Mike Freer (à gauche) au Golders Green Together organisée contre une manifestation néo-nazie le 3 juillet 2015 (Crédit : Jenni Frazer / The Times of Israël)

Le député conservateur de Golders Green Mike Freer (à gauche) au Golders Green Together organisée contre une manifestation néo-nazie le 3 juillet 2015 (Crédit : Jenni Frazer / The Times of Israël)

Cependant, cet accrochage a été la seule fausse note d’un événement relativement bon enfant, en présence de quelque 80 partisans, y compris le député conservateur de Golders Green, Mike Freer, et le candidat à la mairie de Londres et l’ancienne députée travailliste Dame Tessa Jowell.

Freer n’était également pas heureux quand il a vu les drapeaux israéliens.

« Ceux d’entre nous qui défendent Israël au parlement passent beaucoup de temps à faire une distinction entre l’antisionisme et l’antisémitisme ; ce genre de chose » – désignant les drapeaux israéliens – « n’aide pas », a déclaré Freer au Times of Israël.

Lorsqu’on lui a demandé ce qu’il ressentait sur la tenue d’une manifestation néo-nazie, même si ce n’est pas dans Golders Green, Freer a déclaré : « La première réaction serait d’interdire, mais dans une certaine mesure je préfère avoir [les néo-nazis] à l’air libre où ils peuvent être vus ».

Jowell a déclaré au Times of Israel qu’elle était venue pour exprimer sa solidarité avec la communauté juive de Golders Green.

Une collaboratrice du Conseil des députés des Juifs britanniques, Sophie Dunoff au Golders Green Together, le 3 juillet 2015 (Crédit : Jenni Frazer / The Times of Israël)

Une collaboratrice du Conseil des députés des Juifs britanniques, Sophie Dunoff au Golders Green Together, le 3 juillet 2015 (Crédit : Jenni Frazer / The Times of Israël)

« Je me tiendrai toujours aux côtés de la communauté juive de Londres », a déclaré Jowell. Elle a ajouté qu’elle se sentait « profondément mal à l’aise » du fait que tout rassemblement de néo-nazis puisse avoir lieu partout dans Londres.

« Ce n’est pas souhaitable, douloureux et offensant pour des milliers de Juifs de Londres », a-t-elle affirmé.

Jonathan Arkush, le président nouvellement élu du Conseil des députés, a déclaré que la lutte contre l’extrême droite avait montré « que les Juifs ne peuvent pas lutter seul contre l’antisémitisme ».

« Ce matin, voir Golders Green drapé en or et en vert était vraiment super. Les autres communautés juives en Europe admirent vraiment comment nous avons tourné une telle haine en une célébration antiraciste », a déclaré Arkush.