Les Israéliens sont appelés aux urnes le 17 mars pour la deuxième fois en deux ans, pour élire leur Parlement.

Pourquoi ces élections ?

Netanyahu a limogé en décembre sa ministre de la Justice Tzipi Livni et son ministre des Finances Yaïr Lapid, et provoqué des élections anticipées bien avant l’échéance prévu de novembre 2017.

Quels sont les principaux thèmes de campagne et de préoccupation ?

Les partis de gauche et du centre essaient de faire porter la campagne sur les questions socio-économiques, la cherté de la vie et du logement, les inégalités et la pauvreté.

– Netanyahu a mis l’accent sur les questions de sécurité nationale, la menace des organisations islamistes et djihadistes et celle d’un Iran doté de l’arme nucléaire.

– Une analyse conduite en décembre par le site d’informations Walla sur les réseaux sociaux a montré que les questions socio-économiques étaient deux fois plus importantes que les questions diplomatiques ou de sécurité pour les Israéliens.

– Les questions de fond ont été largement éclipsées par des controverses sur les dépenses de fonctionnement des résidences du Premier ministre et sur sa décision d’aller prononcer un discours devant le Congrès américain, contre l’avis de la Maison Blanche.

Quelles sont les forces en présence ?

Sur les 120 sièges de la Knesset sortante issue des élections de 2013, le bloc de droite en occupe 43 : le Likud de Netanyahu (20), Yisrael Beyteinu (11), HaBayit HaYehudi (12).

Centre : 27 (Yesh Atid 19, Hatnua 6, Kadima 2).

Gauche : 21 (Parti travailliste 15, Meretz 6)

Partis ultra-orthodoxes : 18 (Shas 11, Yahadout HaTorah 7)

Partis arabes : 11 (Raam Taal/Liste arabe unie 4, Hadash 4, Balad 3)

– Le Parti travailliste et Hatnua ont fait alliance au sein d’une Union sioniste pour attirer les électeurs centristes, également convoités par le nouveau parti de centre-droit de Moshe Kahlon, dissident du Likud.

– A la suite de querelles intestines, le Shas s’est divisé et son ancien leader Eli Yishaï mène à présent le nouveau parti Yahad, qui présente une plateforme commune avec des extrémistes religieux susceptible de faire concurrence non seulement au Shas mais aussi au HaBayit HaYehudi, ultra-nationaliste.

– Les partis arabes israéliens présentent pour la première fois une liste commune.

Que disent les sondages ?

Les sondages indiquent que la taille des blocs ne devrait pas changer considérablement, même si la répartition peut évoluer à l’intérieur de chaque bloc. Un changement de quelques sièges seulement peut être déterminant dans la constitution de la coalition de gouvernement.

– Dans le système israélien, le parti qui forme le gouvernement est soit le plus important, soit celui qui a la meilleure chance de former une coalition.

– Ces derniers mois, l’Union sioniste a mené dans les sondages avec 23 à 26 sièges, suivie de près par le Likud. Les places se sont inversées plus récemment. Une synthèse de 10 enquêtes effectuée par l’institut Project 61 place le Likud devant l’Union sioniste avec 25 sièges contre 24.

– Même si l’Union sioniste arrive en tête, elle aura beaucoup plus de mal à former une coalition que Netanyahu.

Quel impact sur le conflit israélo-palestinien ?

Les chances d’une reprise des efforts de paix sont a priori plus minces avec un gouvernement de droite mais un gouvernement de gauche est cependant tout sauf une garantie de règlement, selon les experts.

Les Palestiniens, exaspérés et engagés dans une démarche d’internationalisation de leur cause, oscillent entre une indifférence proclamée devant ces élections et leur hostilité à Netanyahu.