Les élections pour élire un nouveau gouvernement palestinien ne se tiendront pas avant la fin de l’année comme on l’espérait, indique le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Rami Hamdallah dans un entretien publié jeudi. Selon ses dires, cela serait dû au conflit de Gaza de cet été.

S’adressant au Wall Street Journal, Hamdallah indique que les importants dégâts à Gaza causés par le conflit entre le Hamas et Israël rendent irréalisable l’organisation des élections.

« L’hiver arrive et les personnes ont été déplacées », a-t-il expliqué.
« Nous n’abandonnons pas le projet de tenir des élections… [Mais] retrouver une maison est plus important pour eux que d’aller voter ».

La tenue des élections étaient un élément essentiel de l’accord du gouvernement d’unité entre le Fatah et le Hamas, signé en mai, qui visait à mettre fin à l’animosité qui régnait entre les deux factions rivales. Les élections devaient être organisées dans les six mois après la formation du gouvernement technocratique, formé en juin.

Hamdallah affirme que les relations entre l’AP, contrôlée par le Fatah et basée en Cisjordanie, et le Hamas, qui gouverne Gaza, sont tendues.

Beaucoup de donateurs sont circonspects à l’idée de s’engager à donner de l’argent qui pourrait se retrouver dans les mains du Hamas, a prévenu Hamdallah. Il fait écho aux commentaires d’autres responsables ont faits en marge de la conférence des donateurs en Egypte prévue pour le 12 octobre pour collecter des fonds pour reconstruire la bande Gaza ravagée par la guerre.

« Nous ne contrôlons pas Gaza pour le moment. Nous faisons de notre mieux pour intégrer les ministères et toutes les institutions. Nous avons des difficultés. Nous parlons de 7 ans de séparation », explique Hamdallah.

Le Hamas a pris le pouvoir à Gaza en 2007, créant un fossé avec le Fatah, qui a continué à se creuser jusqu’à la signature de l’accord plus tôt dans l’année.

L’espoir des Palestiniens est de collecter des milliards de dollars pour réunir les 7,8 milliards nécessaires pour reconstruire Gaza dans les cinq ans à venir.

« C’est une guerre qui a infligé de lourdes pertes à Gaza », décrit Hamdallah. « Gaza n’a pas seulement besoin d’être reconstruite mais elle doit se développer aussi ».

Parmi les plans pour reconstruire Gaza, la construction d’une usine de dessalement qui coûterait 460 millions de dollars et d’une centrale électrique flottante de 105 mégawatts, selon un article. Pour le moment, seule l’Arabie saoudite a offert des fonds. Elle a promis de faire un don de 500 millions de dollars.

Hamdallah explique que les donateurs potentiels voudront la garantie que leur argent ne servira pas à construire plus de tunnels du Hamas.

« Nous tenons en tant que gouvernement – à donner des garanties que cet argent servira à construire », affirme-t-il.

Pendant l’opération Bordure protectrice, l’armée a détruit des douzaines de tunnels bétonnés creusés sous la frontière avec Israël.

Ces tunnels servaient à s’infiltrer sur le territoire israélien et à mener des attaques mortelles. Ces tunnels étaient construits avec des matériaux qui devaient servir à la construction d’immeubles et non à la construction de tunnels d’attaque.

Mais Sami Abu Zurhi, un porte-parole du Hamas, affirme que les difficultés de Hamdallah à exercer de l’influence à Gaza est dû à son incompétence et que les donateurs ne devraient pas être rebutés.

L’AP veut le contrôle général des forces armées de Gaza, même si Hamdallah a admis que le désarmement du Hamas « ne peut pas se faire maintenant ».

« Vous ne pouvez pas parler de désarmement et en même temps occuper », en faisant référence au contrôle israélien de la Cisjordanie. « Une fois qu’il n’y aura plus d’occupation, il y aura des accords sécuritaires avec Israël ».

L’une des solutions possibles serait un système pour vérifier et surveiller le ravitaillement de béton et de fer dans Gaza, suggère Hamdallah. Il ajoute qu’il entend proposer cette idée à l’ONU et à Israël.