La quatrième édition du festival de blues de Tel Aviv a débuté dans la soirée de mercredi. Quarante concerts sont organisés pendant quatre jours dans les clubs de la ville, et le tout premier d’entre eux a été assuré par Alvin Youngblood Hart, lauréat d’un Grammy Award.

La scène blues et rock en Israël est petite mais elle grandit rapidement, explique Gal De Paz, qui se produira cette année pour la quatrième fois avec son groupe, le Paz Band.

“Il y a beaucoup de gens en Israël qui, au cours des dernières années, ont réintégré le blues dans leur musique, avec sa vibration culturelle. Nous n’avons pas vraiment ce type de musique ici comme c’est le cas en Amérique, mais ça s’est développé ces dernières années et nous avons un grand nombre d’artistes de blues qui sont formidables », a déclaré De Paz.

Cette native de Tel Aviv a constaté un glissement sur la scène de la musique live depuis la sortie de son premier album en 2010. Il n’y a pas tant de débouchés qui sont offerts en Israël aux musiciens de rock, de blues et à ceux de folk actuellement mais ces genres sont devenus populaires sur les scènes de concert et dans les festivals, ajoute De Paz.

Les médias dominants en Israël ne reflètent pas ce changement et n’apportent pas leur soutien aux musiciens d’indie rock, déplore De Paz, qui chante également aux côtés du groupe de hip-hop Lucille Crew.

Elle attribue la popularité croissante de cette musique à une certaine lassitude de la pop, dont les racines sont ancrées dans le blues, dit-elle.

“C’est un ancrage très fort pour beaucoup de styles musicaux qui ne se revendiquent pas du blues. C’est le cas pour le rock, la country, la soul, le folk, le R and B, le hip hop, la pop,” estime De Paz. “Ce sont les accords de base, ce sont les paroles de bases, c’est l’émotion de base.”

Le chanteur Oded Weiss, originaire de Tel Aviv, donne un concert au Festival de Blues chaque année avec son groupe, the Periphery. Il qualifie la musique de sa formation de « rock ouvrier », qui dérive du blues.

Weiss explique que de plus en plus d’artistes entrent sur la scène en Israël en tant que musiciens de blues exclusivement et que les concerts deviennent de plus en plus répandus ces dernières années pour le plus grand plaisir d’un public séduit.

“On dit que les groupes font la qualité des festivals, mais en fait, c’est le public”, dit Weiss. « Un grand nombre de spectacles sont remplis de gens qui sont heureux d’aller voir les concerts, qui sont heureux d’acheter les albums et le CD, et qui sont heureux de soutenir les artistes. »

Ci-dessus : Le groupe de Tel Aviv Oded Weiss and the Periphery interprète une chanson de blues en hébreu. Le groupe sera en concert vendredi soir lors du Festival. Cliquez sur la vidéo pour vous déplacer.

De Paz considère également que la musique crée une nouvelle émotion dans le public partout dans le pays, et estime que ce phénomène va continuer à croître. Malgré son nom, le blues peut être inspirant, dit-elle.

“Je ne crois pas que ce soit une musique aussi triste que ce que peuvent en penser les gens. Mais c’est très vrai. J’aime bien parfois que ce soit affreux, tellement affreux que ça en devient beau. C’est vraiment brut, c’est une musique qui n’essaie pas d’être jolie ou parfaite. Ce sont seulement de vraies émotions musicales à vivre », dit De Paz.

L’édition hivernale du Festival de Blues de 2017, qui permet de découvrir des artistes israéliens et internationaux qui se produisent en hébreu et en anglais, a commencé avec un concert d’Arvin Youngblood Hart dans la soirée de mercredi. Le The Paz Band montera sur scène samedi soir à 20h30.