Les employés de Teva protestent contre les licenciements alors qu’une grève de solidarité paralyse le pays
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Les employés de Teva protestent contre les licenciements alors qu’une grève de solidarité paralyse le pays

Des manifestations ont eu lieu dans tout Israël. Les participants ont bloqué la circulation et brûlé des pneus suite au plan de l'entreprise de supprimer 1 750 emplois

Les employés de l'entreprise Teva protestent contre le plan de licenciement de l'entreprise de centaines d'employés, aux abords du bâtiment de TEVA Pharmaceutical Industries à Ashdod, le 17 décembre 2017 (Crédit : Flash90)
Les employés de l'entreprise Teva protestent contre le plan de licenciement de l'entreprise de centaines d'employés, aux abords du bâtiment de TEVA Pharmaceutical Industries à Ashdod, le 17 décembre 2017 (Crédit : Flash90)

Des centaines d’employés du géant pharmaceutique Teva se sont rassemblés dimanche contre le plan prévoyant le licenciement d’environ 1 750 employés israéliens – environ un quart de sa main-d’oeuvre locale – au cours de manifestations qui ont eu lieu dans tout le pays.

Les manifestants se sont retrouvés devant les bureaux de la compagnie à Jérusalem, dans les villes côtières de Netanya et d’Ashdod, dans la ville de Petah Tikva, dans le centre d’Israël, à l’occasion de divers rassemblements qui ont coïncidé avec une grève de solidarité entamée ce matin et qui a touché les aéroports, les banques et les bureaux gouvernementaux israéliens.

Confronté à de sérieuses difficultés financières, le groupe israélien Teva a annoncé jeudi la suppression de 14 000 emplois dans le monde au cours des deux prochaines années, soit 25 % de ses effectifs.

Le fleuron de l’industrie israélienne, qui se débat depuis des mois avec les retombées de décisions managériales passées et des circonstances défavorables, a présenté un plan de restructuration douloureux devant lui permettre de faire trois milliards de dollars d’économies d’ici à fin 2019.

Le chef de la Histadrout, Avi Nissenkorn, a rencontré la direction de Teva et affirmé que 1 750 salariés allaient perdre leur emploi dans le pays (1 250 en 2018, 500 en 2019).

Israël ne représente qu’un peu moins de 7 000 salariés sur les 57 000 dans le monde, en Europe et aux Etats-Unis.

A Jérusalem, les manifestants ont bloqué la circulation après avoir quitté les deux usines de la compagnie – qui sont menacées de clôture – dans la zone industrielle de Har Hotzvim en direction du bureau du Premier ministre. La police a annoncé que les participants ont fait brûler des pneus, des incendies qui ont été rapidement éteints.

Les routes vers la capitale ont également été bloquées par les protestataires, et la police a recommandé aux conducteurs de voiture de choisir des circuits alternatifs.

Les employés de Teva font brûler des pneus dans une manifestation contre le plan de licenciement de centaines d’employés aux abords du bâtiment de Teva Pharmaceutical Industries à Ashdod, le 17 décembre 2017 (Crédit :Flash90)

Les manifestants à Petah Tikva ont également bloqué la circulation de la rue Jabotinsky, l’une des artères principales.

A Ashdod, les employés ont brûlé des pneus aux abords des bureaux de Teva.

Ces manifestations ont été organisées parallèlement à un mouvement de solidarité de quatre heures – la plus importante action syndicale à frapper le pays depuis plusieurs années – qui a touché presque toutes les parties du secteur public de 8 heures à midi.

Les banques, la bourse de Tel Aviv, les bureaux de poste, les bureaux gouvernementaux, la Knesset, les ports, les aéroports, les compagnies d’assurance,les tribunaux, les entreprises téléphoniques, la compagnie électrique israélienne, les services de santé, les universités, les municipalités locales et les conseils régionaux ont tous été fermés dimanche matin, ainsi que les usines de Teva dans tout le pays.

Alors que la majorité des écoles sont en vacances pour Hanoukka, plusieurs musées qui sont habituellement populaires durant cette fête ont également été fermés, notamment le musée d’Israël de Jérusalem ainsi que les musées Eretz Israël et du peuple juif à Tel Aviv.

A l’aéroport international Ben Gurion, le principal du pays, de nombreux vols qui étaient prévus dans la matinée ont été avancés avant le début de la grève si bien que seuls sept vols ont été annulés.

Les transports publics n’ont pas été touchés pour leur part. Le chef du syndicat de la Histadrout, Avi Nissenkorn, a dit qu’il s’agissait de ne pas empêcher les soldats de l’armée israélienne de retourner à leurs bases militaires après le week-end.

Les employés de l’entreprise Teva protestent contre le licenciement de centaines d’employés en bloquant l’autoroute Begin de Jérusalem, le 17 décembre 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Jeudi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est entretenu avec Nissenkorn et a promis de tenter de minimiser les licenciements et de conserver ouvertes les usines de Teva à Jérusalem.

Netanyahu et le ministre des Finances Moshe Kahlon ont tous deux indiqué avoir l’intention de rencontrer le directeur-général de Teva Kare Schultz lorsqu’il viendra en Israël.

Le maire de Jérusalem Nir Barkat était présent lors de la manifestation organisée dans la capitale.

Les employés de Teva protestent contre les plans de licenciement devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem. Un manifestant brandit un faire-part de décès pour Teva., le 17 décembre 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Cette grève de solidarité a été demandée par le puissant syndicat Histadrut la semaine dernière suite à l’annonce faite par Teva Pharmaceutical Industries que la compagnie réduirait sa main-d’oeuvre en Israël d’environ un quart dans le cadre d’un vaste plan de restructuration pour sauver le géant pharmaceutique en difficulté.

Nissenkorn a indiqué samedi soir que la grève a pour objectif d’envoyer un « message clair » que le syndicat n’acceptera pas ces licenciements.

« Nous combattons pour les employés de Teva, pour sauver l’industrie en Israël et soutenir le bleu et blanc », a dit Nissenkorn. « La main d’oeuvre syndiquée s’est organisée et envoie un message clair ».

Teva est accablé de dettes après l’acquisition pour 40 milliards de dollars de la filiale générique de son adversaire Allerga, l’année dernière.

Cette acquisition a été accompagnée par de bas prix pour les génériques, en particulier aux Etats-Unis, un marché majeur.

Teva s’attend à économiser 3 milliards de dollars à la fin de l’année 2019 grâce à son plan de restructuration de deux ans.

Selon la Histadrout, Teva a reçu 6,2 milliards de dollars en réductions fiscales depuis 2006.

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