Les employés du ministère des Affaires étrangère ont commencé mardi une nouvelle série de sanctions de travail. Ces mesures pourraient potentiellement mettre en danger les visites de dignitaires étrangers et des voyages de responsables israéliens à l’étranger.

La grève a causé la suspension temporaire de tous les services consulaires aux Israéliens se trouvant à l’étranger. Les employés se sont mis en grève après que les négociations avec le ministre des Finances, qui duraient depuis des mois, aient pris fin plus tôt dans la semaine.

Si aucune solution n’est trouvée au conflit, récemment ravivé, la grève pourrait mettre les visites du Premier ministre britannique David Cameron et du pape François Ier en danger.

Le syndicat des salariés du ministère se bat pour une hausse des salaires et de meilleures conditions de travail pour les diplomates travaillant à l’étranger. Il avait publié une liste de dizaines de mesures qu’il prendrait. Ces dernières ont débuté ce mardi.

Le responsable du ministère des Affaires étrangères n’aidera plus à l’organisation des visites de présidents, Premier ministres, ministres des Affaires étrangères ou d’autres responsables étrangers.

En parallèle, les diplomates refuseront d’assister les responsables israéliens qui se trouvent actuellement ou qui prévoient de voyager à l’étranger.

Aucun passeport diplomatique ne sera produit et « aucune sorte d’assistance » ne sera offerte aux responsables israéliens à l’étranger.

De plus, tout service consulaire destinés aux citoyens israéliens est suspendu à l’exception des cas où une vie serait en danger ou de morts devant être rapatriés en Israël pour des funérailles.

En outre, le ministère a temporairement suspendu toute coopération avec certaines institutions gouvernementales. Ces institutions incluent le ministère des Finances, le Shin Bet et le service des renseignements du Mossad, ainsi que l’armée israélienne.

Aucune correspondance diplomatique n’est envoyée, et la distribution de documents diplomatiques pro-Israël ont été suspendus.

Les diplomates sont priés de couper tout contact avec les Nations unies, y compris le Secrétaire général Ban Ki-Moon et le Conseil de sécurité, ainsi que d’autres organisations internationales, comme les missions des Casques bleus aux frontières israéliennes telles que l’UNIFIL et l’UNDOF.

L’été dernier, le syndicat des salariés avait pris des mesures similaires, qui s’étaient terminées à la fin du mois de juillet quand les diplomates et le ministère des Finances ont convenu de faire appel à un médiateur.

Maintenant, le syndicat accuse le ministère des Finances d’avoir saboté les négociations. « Le responsable du ministère préfère les propos diffamatoires, les mensonges et la manipulation plutôt qu’une solution substantielle, » était-il écrit dans un communiqué du syndicat.

« Les responsables du ministère des Finances ont choisi d’agir d’une manière indigne des fonctionnaires, et leur comportement a atteint un niveau très bas tandis qu’au bout de sept mois de négociations, ils nous ont présenté une offre qui disait : ‘Continuez à vous donner à fond, vous n’aurez absolument rien en échange,’ » a déclaré Yair Frommer, le président du syndicat, dans un communiqué.

Près d’un tiers des Israéliens, qui ont travaillé pour les services du ministère des Affaires étrangères, au cours des dix dernières années, ont démissionné – la plupart pour des motifs financiers, a indiqué un diplomate au Times of Israel.

« Personne ne peut subvenir à ses besoins, » a-t-il ajouté. « Les exigences du syndicat sont à 100 % légitimes. Les salaires des diplomates travaillant à l’étranger n’ont pas été augmentés depuis 12 ans. Et ce, même si l’inflation est actuellement faible, après tant d’années, le salaire perd de sa valeur de manière dramatique. »

« Il me semble que les employés ont fait preuve de plus de militantisme que le syndicat ne le prévoyait, » a indiqué un diplomate par rapport à la réunion de mardi – où une nouvelle série de sanctions a été décidée.

« Les gens sont très en colère. La vérité, c’est que ce problème aurait pu être résolu il y a très longtemps. Il ne s’agit pas, dans l’ensemble, d’une énorme somme d’argent. Mais à l’échelle individuelle, cela représente beaucoup pour les personnes qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts, à la fin du mois. »

Le ministère des Finances a répondu aux questions du Times of Israel en soulignant qu’il avait présenté un programme qui « améliorerait les conditions des employés [du ministère des Affaires étrangères] et leurs partenaires… Cependant, les travailleurs insistent pour que les salaires des personnes ayant les salaires les plus élevés au ministère soient augmentés. Nous demandons aux employés de ne pas entraver le processus de médiation et de prendre notre proposition en considération. »