Des centaines employés municipaux et des travailleurs de deux usines de la ville d’Arad (Sud d’Israël) ont fermé des routes et manifesté dans les rues, lundi matin, pour protester contre des licenciements en masse dans une usine de la région.

Les travailleurs municipaux ont appelé à une grève générale et ont rejoint les travailleurs d’Israel Chemicals Ltd. (ICL) et de Dead Sea Works pour manifester à l’entrée d’Arad.

Les manifestants ont exprimé leur indignation au sujet du licenciement de 140 travailleurs de l’ICL, et le licenciement prévue de centaines d’autres travailleurs de Dead Sea Works.

La route 31, l’artère principale menant à la ville, a été fermée en raison de la manifestation.

« Notre message est que nous allons continuer à mener le combat à notre façon pour notre droit à gagner notre salaire avec dignité », explique Avi, l’un des manifestants, à Ynet News. « Les dirigeants veulent licencier alors qu’il gagne des milliards ? Pour quelles raisons? »

La maire d’Arad, Tali Ploskov, qui se présente à la Knesset sous les couleurs de Koulanou, a exprimé son soutien aux grévistes et a exhorté le président de l’ICL d’accepter de réduire son salaire de 10 % pour que quelques travailleurs puissent garder leur poste, indique le site d’informations Walla.

L’ancien ministre du Likud, aujourd’hui à la tête du parti Koulanou fait campagne sur les réformes économiques qui permettront de réduire le coût de la vie de la classe moyenne.

Ploskov, la numéro 6 de la liste du parti, a exprimé son désarroi face aux difficultés économiques dans les villes du Sud et a demandé aux autres villes de leur apporter de l’aide.

« En ce moment, nous faisons face à une catastrophe socioéconomique dans le Néguev », a-t-elle expliqué, en parlant de la région désertique dans le sud d’Israël. « Les gens à [Tel Aviv] et ses environs doivent comprendre une chose : aujourd’hui c’est nous, demain ça sera eux. »

« Ils ne veulent pas de l’argent de l’Etat », indique-t-elle au sujet des travailleurs. « Ils veulent gagner leur pain avec dignité et nous devons, en tant qu’Etat, leur donner cette possibilité. »

Un employé de Dead Sea Works a exprimé sa consternation et sa déception au sujet du manque d’intervention du gouvernement dans ces licenciements avant les élections. « Premier ministre, honte sur vous qui ignorez le problème, vous allez payer pour cela à la Knesset », met en garde Morris Mahfouda sur Walla.

Israel Chemicals a répondu aux plaintes des manifestants en soulignant que près de la moitié de la population de la ville du sud de Dimona est directement ou indirectement employée par la société, et que « la seule question à l’ordre du jour aujourd’hui est de savoir si l’ICL permettra aux syndicats agressifs de diriger les usines » ou si la direction sera en mesure de prendre des mesures efficaces.

Il a par ailleurs ajouté qu’en 2014 l’ICL a affiché des pertes de 160 millions de shekels et qu’il a perdu un total de 1,5 milliard de shekels depuis 2007.

Plus tard lundi, le conseiller juridique du ministère des Finances Yoel Briss a envoyé une lettre au chef de la direction de l’ICL Stefan Borgas demandant des éclaircissements sur les licenciements de 140 employés. Il fonde sa demande sur le droit du gouvernement à mettre un veto sur les décisions de l’entreprise qui heurtent les intérêts de l’État.