Les enfants syriens sont la cible des snipers qui visent à les paralyser plutôt que de les tuer, des médecins israéliens ont indiqué au Times of Israel.

Le Dr Yoav Hoffman, un médecin aux soins intensifs en pédiatrie à l’hôpital Western Galilee à Nahariya, a révélé que son département avait reçu 25 enfants syriens gravement blessés depuis juillet. Ces enfants ont été amenés à l’hôpital par l’armée israélienne.

Depuis mars 2013, plus de 230 Syriens ont été traités dans l’hôpital, situé à 10 kilomètres de la frontière avec le Liban. Beaucoup d’entre eux ont été envoyés au nouveau département de neurochirurgie de la clinique.

Hoffman a annoncé qu’au moins six de ses patients présentaient des blessures de balles distinctes. Ces blessures indiquent qu’ils ont été ciblés de manière intentionnelle par les snipers.

« Ces blessures sont très spécifiques : une seule balle à la colonne vertébrale lombaire entre la deuxième et la troisième vertèbre, » a expliqué Hoffman au Times of Israel. « Ces balles ne sont pas censées tuer, mais causent beaucoup de malheur. Elles engendrent la paralysie ou la mort lente, dans le contexte de la situation en Syrie. »

Hoffman affirme qu’il n’a jamais observé ces blessures en dehors des champs de bataille ; ces collègues pensaient d’abord à une coïncidence.

Mais alors que les patients continuaient d’arriver avec les mêmes blessures, le personnel de l’hôpital a été choqué de constater que les enfants étaient délibérément ciblés.

La plupart des enfants reçus à Nahariya n’ont pas été traités ou que très peu en Syrie, souligne Hoffman. Il ajoute que les enfants arrivent souvent seuls, sans dossiers médicaux, avec de nombreuses blessures causées par des explosions.

Ces blessures indiquent qu’ils ont été ciblés de manière intentionnelle par les snipers

Tel est le cas de la petite Nihad (pseudonyme), âgée de trois ans. Elle et son père ont été ramassés par l’Armée syrienne libre après le bombardement de leur maison à Daraa, le 19 février. Nihad a perdu son frère jumeau dans l’attaque et a été gravement blessée à la tête.

« Le traitement reçu ici est excellent, affirme le père de Nihad, en larmes, après la description de la perte de son fils. Père et fille s’apprêtent à rentrer en Syrie dans les prochains jours.

Plus de 1 000 Syriens ont été traités en Israël à ce jour, dont 700 dans un hôpital de campagne de l’armée israélienne sur le Plateau du Golan. D’autres ont été traités dans des hôpitaux civils dans le nord du pays.

Les enfants paralysés rentreront en Syrie en chaises roulantes, offertes par l’organisation Friends of the Western Galilee Hospital, a indiqué Hoffman.

« Ces enfants sont émotionnellement meurtris, » révèle le médecin. « Mais ils sont très reconnaissants pour le traitement reçu. »