Les Etats-Unis, qui viennent de rapprocher leur porte-avions Roosevelt du Yémen, « surveillent » un convoi de bateaux iraniens qui pourrait se diriger vers le pays en proie à une rébellion chiite, a-t-on appris lundi auprès de responsables américains.

Le convoi, considéré comme suspect, compte « 9 navires, dont deux patrouilleurs » de type militaire, a indiqué à l’AFP un haut responsable de la Défense, en précisant que sa destination n’était pas connue.

« Nous soupçonnons que ces navires transportent des armes et des équipements militaires. Si c’est livré au Yémen, cela contribuera à déstabiliser encore plus » le pays, a indiqué un autre responsable de la Défense à l’AFP.

Mais ce dernier a souligné qu’il était « prématuré de spéculer » sur une éventuel contrôle ou interception de ces navires par des navires militaires américains.

Le colonel Steven Warren, porte-parole du Pentagone, a lui estimé « incorrect » d’affirmer que les navires américains allaient intercepter les navires iraniens.

Plusieurs sources américaines ont laissé entendre qu’en cas de nécessité, cela relèverait plutôt des pays de la région, au premier rang desquels l’Arabie saoudite et l’Egypte.

« Pour l’instant nous ne faisons que sécuriser » les voies maritimes au large du Yémen, « nous ne faisons pas partie d’une mission d’interdiction » d’approche du pays, a indiqué un responsable militaire interrogé par l’AFP.

Selon l’un des responsables américains interrogé, le convoi de bateaux iraniens a passé le détroit d’Ormuz pour sortir du golfe Persique, et fait désormais route « vers l’Ouest », et donc potentiellement vers le Yémen.

Le conseil de sécurité de l’ONU a adopté le 14 avril une résolution qui impose un embargo sur les armes contre les rebelles houthis au Yémen.

Les Etats-Unis ont annoncé lundi qu’ils avaient rapproché du Yémen leur porte-avions Theodore Roosevelt et leur navire lance-missiles Normandy, qui arrivent du golfe Persique pour naviguer près du golfe d’Aden et du sud de la Mer rouge.

Au total, neuf navires militaires américain se trouvent désormais dans cette zone, « pour s’assurer que les voies maritimes cruciales » de la région « restent ouvertes et sûres », selon la Marine américaine.

L’Arabie saoudite et des pays alliés mènent depuis près d’un mois des frappes aériennes contre les rebelles chiites houthis et les forces de l’ancien président Saleh.

Les Etats-Unis ne participent pas aux frappes mais apportent un soutien de renseignement et logistique à la coalition menée par Ryad.