Le ministre américain de la Justice Eric Holder, venu à Paris participer à une réunion internationale contre le terrorisme, n’a pas pris part dimanche à la manifestation au côté de la cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement présents, a constaté l’AFP.

Les Etats-Unis étaient représentés par leur nouvelle ambassadrice à Paris, Jane Hartley, a précisé l’ambassade américaine à l’AFP, confirmant que Holder, dont la présence à la marche contre le terrorisme avait été annoncée à Washington, n’avait pas défilé.

La capitale française a connu dimanche un rassemblement d’une ampleur record pour dire non au terrorisme, une marche marquée aussi par la présence inédite d’une cinquantaine de dirigeants internationaux conduite par le président François Hollande.

Y figuraient notamment le président palestinien Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Après avoir participé à la réunion contre le terrorisme au Palais de l’Elysée, Horner a déclaré dimanche qu’il n’y avait « pas d’information crédible » attestant qu’Al-Qaïda ou que le groupe Etat islamique soient derrière les attentats de Paris, qui ont fait 17 morts la semaine passée.

« A ce stade, nous n’avons pas d’information crédible qui puisse nous permettre de déterminer quelle organisation est responsable » de ces attaques, a déclaré le ministre sur la chaîne de télévision américaine ABC.

Dans une conversation avec la chaîne française BFMTV, alors qu’il était retranché dans une imprimerie au nord-est de Paris, Chérif Kouachi, l’un des deux auteurs de l’attaque contre Charlie Hebdo mercredi, avait affirmé vendredi avoir été missionné pour agir en France par la branche d’Al-Qaïda en Arabie Saoudite et au Yémen.

Holder a, par ailleurs, annoncé la tenue le 18 février aux Etats-Unis d’un sommet pour réfléchir aux moyens de lutter contre « l’extrémisme violent dans le monde ».

Le rabbin de Washington Shmuel Herzfeld défile dans une marche

Plusieurs milliers de personnes ont défilé dimanche à Washington en hommage aux victimes des attaques la semaine passée à Paris, à l’initiative de l’ambassade de France.

La marche silencieuse, a démarré symboliquement du Newseum, le musée de la presse, dans la capitale américaine et a ensuite rejoint un mémorial aux forces de l’ordre.

Les manifestants voulaient rendre hommage aux 17 personnes tuées dans des attaques à Paris et dans sa banlieue, dont cinq des principaux dessinateurs du journal satirique Charlie Hebdo et trois policiers.

En tête du cortège, où flottaient les drapeaux français et américain, l’ambassadeur de France Gérard Araud tenait dans ses mains une pancarte « We are Charlie » (Nous sommes Charlie).

« Je suis là à la demande des Français de Washington, parce que comme moi ils ont ressenti une frustration de voir leur pays traverser une crise si grave, et de ne pas pouvoir exprimer leur solidarité avec leur patrie », a déclaré M. Araud à l’AFP.

« They wanted to silence us, they only got one minute » (ils ont voulu nous faire taire, mais ils n’ont eu droit qu’à une minute, ndlr), pouvait-on lire sur une autre grande pancarte de Reporters sans frontières, tenue notamment par la représentante des Etats-Unis, la secrétaire d’Etat adjointe chargée des Affaires européennes Victoria Nuland.

« Je suis Charlie, We are Charlie ! » s’est exclamée à la fin de la manifestation la directrice du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde qui avait fait le déplacement, ainsi que plusieurs ambassadeurs (d’Italie, d’Allemagne, de Lituanie, d’Ukraine et de l’Union européenne).

Le rabbin de la National Synagogue de Washington, Shmuel Herzfeld, était aussi présent, en l’honneur des quatre personnes juives tuées par un djihadiste lors de la prise d’otage dans un supermarché casher vendredi.