Les Etats-Unis tentaient encore mercredi soir de sauver le processus de paix israélo-palestinien, après que le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a été accusé par Israël d’avoir violé ses engagements en signant les demandes d’adhésion pour 15 conventions et traités internationaux auprès de l’ONU.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry, qui a annulé son entrevue avec Abbas à Ramallah mardi soir, lui a téléphoné mercredi pour lui demander de « garder les portes des négociations ouvertes »

L’envoyé spécial de Kerry, Martin Indyk, quant à lui, a organisé des sessions de discussions d’urgence pour mercredi soir entre les négociateurs en chef des deux parties, la ministre de la Justice Tzipi Livni et Saeb Erekat.

Livni a qualifié les demandes officielles d’adhésion à des instances onusiennes, « de violation de [son] engagement » alors que les négociations de paix se poursuivaient.

“Il nuit aux intérêts palestiniens », a-t-elle déclaré. « S’ils veulent un Etat, ils doivent comprendre que cela doit passer par la salle des négociations. »

Les responsables israéliens ont été cités plus tôt mercredi disant qu’Abbas avait « torpillé » un accord tripartite complexe selon lequel Israël se serait engagé à libérer un contingent final de 26 à 30 détenus terroristes palestiniens. Il aurait élaboré une liste de 400 prisonniers palestiniens coupables de crimes non violents, les pourparlers de paix auraient pu être prolongés au-delà de la date limite du 29 avril, et les États-Unis auraient libéré l’espion israélo-américain Jonathan Pollard.

Pourtant, Livni a soutenu qu’elle croyait à la poursuite des pourparlers malgré la crise. « Nous le répétons et nous nous engageons à continuer de lutter pour la paix et à se dresser telle une forteresse contre les extrémistes, issus aussi du gouvernement, qui tentent d’adopter une loi extrême, » a-t-elle souligné.

Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman, quant à lui, a déclaré qu’il ne savait pas « s’il s’agissait d’une véritable crise », mais que « la balle est dans le camp des Palestiniens. Si les Palestiniens choisissent de ne pas reprendre les négociations, Israël n’a pas besoin de courir après eux en faisant des gestes de conciliation », a-t-il dit. « Si vous ne voulez pas de négociations, c’est votre décision », a-t-il indiqué.

Liberman a également précisé qu’il ne voterait pas pour un accord incluant une libération de prisonniers arabes israéliens.

Le Premier ministre israélien a indiqué avoir été « choqué » de voir la cérémonie organisée par les Palestiniens à la télévision pour la signature des demandes d’adhésion auprès des instances onusiennes – pointant du doigt une « violation majeure » des engagements pris au début de la reprise des négociations en juillet dernier.

Des responsables palestiniens ont nié que ces demandes d’adhésion représentent une violation des accords, et ont déclaré que l’AP s’engage à la poursuite des négociations jusqu’à la date butoir.

« C’est l’accomplissement de droit de la Palestine et cela n’a rien à voir avec les négociations ou la conclusion d’un accord, » a déclaré l’OLP, dans un communiqué.

Le coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Proche-Orient, Robert Serry, a reçu de la direction palestinienne des demandes d’adhésion à 13 conventions ou traités internationaux dont les Nations unies sont dépositaires, a confirmé mercredi l’ONU.

Parmi ces textes figurent notamment les conventions de Vienne sur les relations diplomatiques, la convention sur les droits de l’enfant, la convention contre la torture ou celle contre la corruption.

Dès que ces demandes auront été transmises officiellement au siège de l’ONU, « nous les étudierons et considéreront la suite à donner », a précisé le porte-parole adjoint de l’ONU Farhan Haq.

Outre ces 13 conventions ou traités, l’Autorité palestinienne a par ailleurs demandé à la Suisse de pouvoir adhérer à la 4e Convention de Genève d’août 1949 et à son premier protocole additionnel et aux Pays-Bas de pouvoir adhérer à la Convention de la Haye d’octobre 1907 sur les lois et coutumes de la guerre sur terre.

Le statut d’Etat observateur obtenu en novembre 2012 à l’ONU donne aux Palestiniens accès à diverses conventions et organisations internationales.