La proposition européenne pour une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies appelant à la création d’un Etat palestinien inclura probablement une référence à Israël en tant qu’Etat juif, a rapporté le Times of Israel.

Le texte final n’a pas encore été achevé, et il reste difficile de savoir ce que sera la référence explicite. Mais tous les Etats travaillant sur le projet de résolution souhaitent mentionner, d’une manière ou d’une autre, le caractère juif d’Israël, selon plusieurs diplomates européens.

La reconnaissance palestinienne d’Israël comme Etat-nation du peuple juif est une exigence incontournable du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour tout accord de paix.

Depuis que la direction palestinienne a annoncé il y a quelques semaines qu’elle demanderait une résolution du Conseil de sécurité appelant à un retrait israélien aux lignes d’avant 1967 dans les deux ans, la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont travaillé sur une résolution alternative, qui appelle également à un Etat palestinien, mais dont le libellé serait moins critique envers Israël et donc plus acceptable pour Jérusalem et Washington.

Le projet européen est souvent désigné comme le projet français parce que Paris s’est placé à la tête de cet effort diplomatique.

Les Palestiniens ont fait savoir cette semaine que la Jordanie soumettrait une résolution en leur nom mercredi. Les Etats-Unis n’ont pas encore indiqué s’ils mettraient leur veto, une étape qui serait nécessaire si au moins neuf des membres du Conseil votaient en faveur du projet palestinien.

Washington soutiendrait le projet français. Celui-ci appelle à un accord de paix dans les 24 mois et à la création d’un Etat palestinien avec des frontières sur la base des lignes de 1967 et inclurait Jérusalem-Est comme capitale. Toutefois, le texte européen parlerait également de la nécessité d’une « reconnaissance mutuelle » et ferait référence au caractère juif de l’Etat d’Israël.

Mais les Palestiniens sont catégoriques dans leur refus de reconnaître Israël comme un Etat juif ou comme l’État-nation du peuple juif.

Selon plusieurs diplomates européens, qui ont parlé sous couvert d’anonymat, les quatre pays qui travaillent sur le projet alternatif à la motion palestinienne sont en faveur d’une référence au caractère juif d’Israël, mais n’ont pas encore décidé comment la formuler exactement.

Certains voudraient que la résolution dise qu’Israël est la patrie du peuple juif. D’autres préfèrent que l’on parle d’ « Etat juif et démocratique ». D’autres encore optent pour une référence à Israël qui ne mentionnerait pas explicitement le caractère juif d’Israël, mais qui se référerait à la résolution 181 de l’Assemblée générale de l’ONU de 1947 – le fameux plan de partage – qui mentionne 30 fois les mots «Etat juif».

Les Allemands et les Américains ont convenu depuis longtemps qu’Israël doit être reconnu comme un Etat juif. Toutefois, le récent débat à la Knesset autour du projet de loi du gouvernement, qui devait consacrer le caractère juif de l’Etat, a encore compliqué le débat sur la bonne formulation, selon un diplomate européen.

Israël rejette vigoureusement toute action unilatérale l’appelant à se retirer de Cisjordanie, avec ou sans mention du caractère juif d’Israël.

« Les tentatives des Palestiniens et de plusieurs pays européens pour forcer leurs conditions sur Israël ne feront que conduire à une détérioration de la situation régionale et à mettre en danger Israël ; par conséquent, nous allons fortement nous opposer à cela » a déclaré M. Netanyahu lundi à Rome après avoir rencontré le secrétaire d’Etat américain John Kerry.

Le Premier ministre n’a pas révélé si Kerry lui a promis d’opposer son veto à la résolution palestinienne. De hauts responsables israéliens ont affirmé que cela a représenté la position américaine depuis des décennies, empêchant l’adoption de résolutions anti-israéliennes à l’ONU et qu’il n’y a aucune raison pour Washington change cette politique.

La semaine dernière, M. Netanyahu s’est entretenu avec le président français François Hollande pour protester contre la proposition des Européens au Conseil de sécurité. « J’ai dit à Hollande que je pensais que cette décision était négative et même contre-productive, » a déclaré le Premier ministre aux journalistes présents à Rome.

« Une telle démarche est contraire à un accord de paix, elle va mettre à mal toute négociation future et amener une escalade de la violence, » a-t-il affirmé selon Haaretz. « Hollande a écouté, et je ne veux pas dire ce qu’il a dit, mais de mon côté j’ai dit les choses très clairement. »