Face à une alyah de France qui atteint un niveau historique, les partis politiques israéliens ont pris conscience de l’importance nouvelle que prend le vote francophone dans le contexte des élections législatives de mars.

Chaque parti revendique aujourd’hui sur sa liste son candidat français ou du moins francophone.

Eli Elalouf figure sur la liste du parti Koulanou de Moshe Kahlon, Avraham Azoulay a rejoint Naftali Bennett sur la liste du parti HaBayit HaYehudi, Marco Sarrabia sera aux côtés de Tzipi Livni et Isaac Herzog dans le camp sioniste tout comme Eitan Schwartz, conseiller municipal de Tel-Aviv, francophone et responsable de la politique migratoire pour le parti travailliste.

Yoni Chetboun, qui est enfant d’immigrés français et fondateur du Lobby francophone à la Knesset, a rejoint le nouveau parti de Eli Ishaï, « Yahad ».

Pourtant, comme le révèle l’hebdomadaire chrétien La Vie, la représentation politique des Français est encore embryonnaire en Israël.

Ne comptant que 150 000 individus, la communauté française n’a pas le même poids électoral que les Russes qui représentent 20 % de la population israélienne.

La conséquence est que bien souvent les Français présents sur les listes des partis n’occupent que des positions non-éligibles.

Niko Gewelbe, animateur du groupe francophone au Likud, confesse que « l’erreur, ce serait de penser que la politique est un sprint. En Israël comme ailleurs, elle demande un investissement sur le long terme, des connexions et beaucoup d’argent. Les candidats russes ou éthiopiens l’ont très bien compris. »

Le Likud a prévu de recevoir la presse francophone dimanche à l’Hôtel Ganey Yeroushalayim, dans une volonté de s’assurer le vote des olim francophones.

La semaine dernière c’était Elie Alalouf qui recevait chez son ami Michael Bensadoun, des francophones venus écouter l’homme de terrain de la Fondation Rashi qui occupe la troisième place sur la liste du parti de Moshe Kahlon.

Le Likud de Benjamin Netanyahu n’est d’ailleurs pas le seul à communiquer avec le microcosme francophone. Une réunion politique en français est organisée par Herzog, le leader du parti travailliste qui parle couramment la langue de Molière.

Le parti Habayit Hayehoudi a créé par exemple une page Facebook qui revendique aujourd’hui plus de 5 000 abonnés. « Ils communiquent en français, pour les Français, sur des thématiques qui leur sont chères : la question sécuritaire, la relation avec les Palestiniens, le refus de faire la moindre concession… », explique Nissim Boucaï, un français d’origine, interrogé par La Vie.

Alors que la France est passée cette année en tête de liste des pays dont les ressortissants deviennent Israéliens, avec environ 7 000 personnes [plus du quart du total des olim] et que, selon les prévisions du ministère de l’Intégration, quelque 10 000 nouveaux immigrants venus de France sont attendus en 2015, l’influence des francophones en politique devrait prendre de l’ampleur dans un futur proche.

A Netanya, où réside une importante communauté de francophones, un débat sur la démocratie a été organisé par le campus francophone d’Israël au collège académique de la ville. Le but ? Éclairer davantage sur les enjeux des prochaines élections.

Encore une fois, l’ensemble du spectre politique y sera représenté.

Claude Grundman Brightman, présidente du Campus francophone, le colonel Olivier Rafowitz, ancien porte-parole de Tsahal, Marie-Lyne Smadja, professeure et chercheuse en sciences de l’éducation animeront cette soirée.