Deux fusillades distinctes qui ont eu lieu à Haïfa mardi, et ont fait un mort et un blessé, pourraient faire partie d’une même attaque terroriste, estime la police. Une chasse à l’homme a été lancée mercredi pour retrouver le tireur.

Yehiel Iluz, 48 ans, juge de la cour rabbinique des conversions de Haïfa, a été blessé par la première fusillade, sur la route HaAtsmaout de la ville. Quelque 30 minutes après, Guy Kafri, 47 ans, chauffeur du quartier Nesher de Haïfa, a été abattu rue Hagiborim. Il a été enterré mercredi après-midi.

Les premières informations faisaient état d’une erreur d’identité dans une possible guerre des gangs, mais la police, au fur et à mesure de l’enquête, a commencé à suspecter une attaque terroriste. L’enquête a été placée sous embargo mardi, et seuls quelques détails ont été rendus publics.

Mercredi, la police a lancé une chasse à l’homme pour retrouver le suspect. Elle a perquisitionné une maison abandonnée du quartier majoritairement arabe de Halissa de Haïfa pendant plus de trois heures, selon les médias.

Le suspect vivrait dans le quartier, selon les médias.

Les habitants de Halissa ont appelé le suspect, qui n’a pas été nommé, à se rendre, tout en se préparant à une présence policière accrue dans le quartier.

Nashat Milhem dans une vidéo diffusée par le Shin Bet, le 27 janvier 2016 (Crédit : Capture d'écran YouTube)

Nashat Milhem dans une vidéo diffusée par le Shin Bet, le 27 janvier 2016 (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Une habitante du quartier a déclaré à Ynet que « noue ne voudrions pas voir l’incident de Nashat Milhem se produire à nouveau », en référence à la chasse à l’homme qui a eu lieu dans tout le pays en janvier 2016 pour retrouver le terroriste qui avait mené une attaque à main armée rue Dizengoff, à Tel Aviv, le 1er janvier 2016.

Il avait tué deux personnes, puis assassiné un chauffeur de taxi. La poursuite avait paralysé le pays pendant plusieurs jours après l’attentat. Milhem était finalement mort pendant un échange de tirs avec la police dans sa ville natale d’Arara, dans la région Wadi Ara du nord d’Israël, une semaine après l’attentat.

« C’est très effrayant de voir des policiers armés et masqués aller dans les maisons [à la recherche du suspect]. C’est comme une guerre ; c’est mieux de se rendre, de crainte qu’il ne mette en danger tout le quartier », a déclaré la femme.

Rafat Asadi, un avocat qui vit dans le quartier, a déclaré à Ynet qu’il était surpris de l’identité du suspect, « un étudiant brillant » qui vient d’une « famille totalement normale, une famille exemplaire, qui n’a pas de problème avec la justice. »

« S’il est impliqué, je l’appelle, au nom de tout le quartier, à se rendre », a déclaré Asadi, qui a décrit les raids nocturnes contre la maison du suspect, et d’autres du quartier, et « dont les voisins souffrent. »

La scène de l'une des attaques à main armée ayant eu lieu à Haïfa, le 3 janvier 2017. (Crédit : Magen David Adom)

La scène de l’une des attaques à main armée ayant eu lieu à Haïfa, le 3 janvier 2017. (Crédit : Magen David Adom)

Mardi, des informations préliminaires avaient identifié Kafri comme un rabbin lié à une cour rabbinique et indiqué une connexion entre les deux attaques. Un porte-parole de la cour rabbinique avait déclaré au site d’information religieux Kikar HaShabbat qu’il s’agirait d’une erreur d’identité, et que le conducteur et le juge avaient été victimes d’une affaire liée au milieu criminel.

Shachar Dror, le gendre de Kafri, a déclaré que son beau-père n’avait pas de casier judiciaire ou d’ennemi personnel.

« C’était un homme bon, qui aidait tout le monde, a déclaré Dror à la Deuxième chaîne. Nous ne comprenons pas ce qu’il s’est passé, et nous espérons que la police trouvera la vérité et découvrira qui se cache derrière le meurtre de Guy. Il n’avait pas d’ennemis. »

Les médias israéliens ont annoncé que des témoins de la seconde attaque avaient assuré que le tireur était une femme.

Iluz, père de sept enfants, vit à Migdal Haemek, en Galilée, a annoncé la Dixième chaîne. Il travaille à Haïfa un jour par semaine.

Shahar Dror, le beau-frère de Guy Kafri, a déclaré jeudi dans son éloge funèbre, que Kafri est mort parce qu’il était juif.

Une série d’attaques au couteau, à la voiture bélier et à main armée, principalement commises par des Palestiniens, a commencé il y a plus d’un an et s’est atténuée ces six derniers mois, bien que des incidents sporadiques persistent. Certains des terroristes, comme Milhem, étaient des Arabes israéliens.

Entre octobre 2015 et octobre 2016, 36 Israéliens, deux Américains et un Erythréen ont été assassinés dans ces attaques.

Selon les chiffres de l’AFP, 238 Palestiniens, un Jordanien et un migrant soudanais ont également été tués, la plupart d’entre eux pendant qu’ils menaient des attaques contre des Israéliens, selon Israël, et beaucoup d’autres pendant des affrontements avec les troupes en Cisjordanie et à la frontière gazaouie, ainsi que pendant des bombardements israéliens sur la bande de Gaza.