Le corps des Gardiens de la révolution en Iran a menacé jeudi de mener une « lutte sans relâche » contre Israël. la veille, les États-Unis avaient appelé la communauté internationale à mettre Téhéran face à sa « conduite destructrice » au Moyen Orient.

« Nous continuerons notre lutte sans relâche contre le système hégémonique et le sionisme plus résolument et plus puissamment qu’auparavant et… n’hésiterons pas un instant à défendre la Révolution islamique et les intérêts nationaux de l’Iran », a déclaré le corps des Gardiens de la révolution, dans un communiqué diffusé par l’agence de presse Fars.

Les forces armées ont tenu des propos similaires jeudi, accusant le « régime sioniste » et la Maison Blanche d’instaurer des politiques « dévastatrices » dans la région.

Mercredi, l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley a exhorté le Conseil de Sécurité a adopter l’approche agressive des États-Unis à l’égard de l’Iran, et de traiter tous les aspects de sa « conduite destructrice », et pas seulement l’accord sur le nucléaire de 2015. L’administration Trump a menacé d’inscrire le corps des Gardiens de la Révolution, une branche des forces armées assujettie au guide suprême du pays, sur la liste des groupes terroristes.

Haley a déclaré au Conseil que l’Iran « a, à plusieurs reprises, fait des pieds de nez » aux résolutions destinées à gérer le soutien de l’Iran au terrorisme et aux conflits régionaux, et a illégalement fourni des armes aux militants yéménites et au Hezbollah, en Syrie et au Liban.

Les Gardiens de la révolution se sont également promis de poursuivre et d’intensifier leur programme de développement de missiles, et ce malgré les menaces proférées par le président américain Donald Trump, qui imposera des sanctions si l’Iran met ce projet à exécution.

« L’influence régionale, la puissance et le développement de la puissance balistique de la République islamique, qui s’est développée alors que le pays était sujet à des sanctions continuera, à un rythme encore plus effréné », a indiqué le communiqué.

Au début du mois, le chef des puissants Gardiens de la révolution islamique a menacé les États-Unis s’ils désignaient les Gardiens comme un groupe terroriste, il considérera l’armée américaine de la même manière que le groupe terroriste État islamique (EI).

Le commandant des Gardiens de la Révolution iranienne, le général Mohammad Ali Jafari. (Crédit : capture d'écran YouTube/Press TV)

Le commandant des Gardiens de la Révolution iranienne, le général Mohammad Ali Jafari. (Crédit : capture d’écran YouTube/Press TV)

Le général Mohammad Ali Jafari a également déclaré que si de nouvelles sanctions contre l’Iran venaient à entrer en vigueur, les États-Unis devraient « trouver un nouveau lieu pour leurs bases militaires, à 2 000 kilomètres d’ici, hors de portée des missiles iraniens », a rapporté l’agence de presse iranien officielle IRNA.

« Si les informations sur la décision des États-Unis de lister les Gardiens de la révolution islamique iraniens comme un groupe terroriste sont avérées, la force iranienne traitera également l’armée américaine partout dans le monde, et notamment au Moyen Orient, de la même manière que les terroristes de Daesh », a-t-il dit en utilisant l’acronyme arabe de l’EI.

Jafari répondait aux projets de l’administration américaine, qui veut cibler les affiliés de l’Iran, en mettant l’accent sur les Gardiens de la révolution.

Le fait que Trump ait refusé, la semaine dernière, de recertifier la conformité de l’accord sur le nucléaire, a donné lieu à une nouvelle guerre verbale entre l’Iran et les États-Unis, alimentant la méfiance et le sentiment nationaliste des Iraniens. La Grande-Bretagne, la Chine, la France, l’Allemagne, la Russie et l’Union européenne, autres signataires de l’accord sur le nucléaire, ont supplié Trump de ne pas s’en retirer.

Trump n’a pas encore confirmé qu’il se retirait du pacte, et a confié la décision au Congrès.