Les deux plus grandes banques israéliennes ont enregistré une hausse des bénéfices et des prêts aux foyers israéliens en 2015, alors que la Banque d’Israël et le ministère des Finances continuent à batailler sur quelles réformes rendraient le secteur bancaire plus compétitif.

La banque Hapoalim, la plus grande banque, a annoncé un bénéfice net de plus de trois milliards de shekels (790 millions de dollars), en hausse de 2,7 milliards de shekels par rapport à 2014. Les dépôts et les prêts ont également augmenté en 2015.

La banque Leumi a annoncé un bénéfice net de 2,8 milliards de shekels (727 millions de dollars) pour l’année dernière.

A la suite des élections israéliennes l’année dernière, le dirigeant du parti Koulanou Moshe Kahlon a promis de « battre les banques » s’il était élu, dans le cadre d’une campagne pour réduire le coût de la vie élevé en Israël.

En juin, aux côtés du gouverneur de la Banque d’Israël, Karnit Flug, il avait annoncé la création d’une commission chargée de réfléchir sur les moyens de rendre le secteur bancaire plus compétitif.

Pendant une conférence de presse pour annoncer cette initiative, Kahlon avait déclaré que la nouvelle commission devrait viser à introduire « une compétition réelle dans l’un des secteurs les plus centralisés de l’économie israélienne : le système bancaire. »

Kahlon, qui est devenu connu en ouvrant l’industrie des téléphones mobiles quand il était ministre des Communications il y a cinq ans, avait annoncé que les trois plus grandes banques du pays détenaient 70 % du marché, une situation qui coûte aux consommateurs des centaines de shekels par an.

« La compétition est la meilleure amie du consommateur. Elle est bonne pour les entreprises et elle est bonne pour les citoyens, et c’est pourquoi nous visons à la promouvoir dans chaque secteur, » avait-il déclaré.

La commission, présidée par Dror Strum, un avocat et ancien responsable anti-trust, a publié un rapport intermédiaire en décembre, appelant les compagnies de cartes de crédit à se séparer des banques pour augmenter la compétition sur les coûts d’emprunt.

La publication du rapport a exposé des divisions profondes entre le ministère des Finances d’une part, qui tient à secouer les choses, et la Banque d’Israël et l’industrie bancaire d’autre part, qui préfèrent un changement plus lent.

Le principal sujet de contentieux concerne les compagnies de cartes de crédit – lesquelles devraient être séparées de quelles banques et comment, qui devrait les surveiller et comment devraient-elles être protégées une fois indépendantes. Flug a affirmé qu’éloigner les compagnies de cartes de crédit des banques moyennes pourraient menacer leur stabilité.

La commission Strum est composée du professeur Avi Ben Bassat, professeur d’économie à l’université Hébraïque de Jérusalem, d’Amir Levi et de Yael Mevorach, respectivement directeur et directeur adjoint du budget au ministère des Finances, de Nadine Baudot-Trajtenberg, gouverneur adjoint de la Banque d’Israël, du professeur David Gilo, qui a démissionné du poste de commissaire anti-trust en raison de l’accord sur le gaz naturel du gouvernement, d’Avi Licht, procureur général adjoint pour les questions fiscales et économiques, et du professeur Nathan Sussman, directeur de la division de recherche de la Banque d’Israël.