Les habitants de l’avant-poste d’Amona, en Cisjordanie, ont accepté une proposition du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui permettra de reloger 24 familles sur un terrain adjacent, et les autres dans l’implantation voisine d’Ofra.

Le gouvernement va demander à la Haute cour de justice un report de la date d’expulsion, ce qu’elle acceptera probablement.

En échange, les habitants d’Amona évacueront pacifiquement l’avant-poste.

Les habitants se sont prononcés sur cette proposition par 45 voix pour, 25 contre, et deux abstentions.

Après que les habitants d’Amona aient accepté l’accord, un grand nombre parmi les centaines de personnes qui s’étaient rassemblées pour soutenir la communauté et lutter contre les forces chargées de l’évacuation expriment leur colère, a rapporté un journaliste sur place.

“Ils ont fait quelque chose de sale derrière notre dos. La population ici est faible », a hurlé un individu au micro, des propos répercutés par haut-parleur.

De nombreuses personnes commencent à quitter l’avant-poste, sur le sommet de la colline. “C’est tellement dégoûtant”, marmonne un individu.

Dans une déclaration, la communauté d’Amona a déclaré que la décision avait été l’une des plus dures qu’elle ait été amenée à prendre, ajoutant qu’elle “n’hésitera pas à reprendre le combat” si l’Etat devait se soustraire à la convention passée.

Les habitants ont également remercié les jeunes et les autres venus pour apporter leur soutien. “Grâce à vous, Amona restera sur la carte, devenue légale et si Dieu le veut, elle s’épanchera dans les quatre directions. C’est à vous qu’on le devra”, a expliqué le communiqué.

D’autres plus mécontents

Un manifestant venu à Amona pour lutter contre l’évacuation a déclaré qu’il était mécontent de la décision prise par es habitants de l’avant-poste, en tirant ses répliques de la Bible.

« Je me sens trahi par les habitants. Ils ont décidé de ne pas combattre et d’aller contre leurs intérêts. C’est contre la Torah. Ce n’est pas la vérité », a déclaré l’homme, qui a refusé de donner son nom.

Un autre manifestant l’a rejoint : « il y a des difficultés dans la vie. La Torah est pleine de difficultés. »

« Le combat n’est pas terminé », a déclaré un porte-parole d’Ofra, l’implantation la plus proche d’Amona.

« Nous relâchons la pression pour un mois. Si dans le prochain moins, l’Etat tient sa promesse de construire 52 maisons et structures publiques, alors la lutte aura été couronnée de succès et Amona restera sur la colline. Si l’Etat ne tient pas ses promesses, nous n’hésiterons pas à reprendre la lutte avec plus de cran et plus de force. Amona ne tombera pas à nouveau. »

Les législateurs de droite saluent les résidents d’Amona

Le membre de la Knesset Bezalel Smotrich, qui s’était saisi de la cause des habitants d’Amona devant le Parlement, a salué les résidents de l’avant-poste pour avoir accepté l’accord gouvernemental, indiquant que leur lutte est porteuse d’espoir pour l’avenir des activités d’implantation.

“Aujourd’hui, par leur décision, la population d’Amona continue sur le chemin de l’espérance. Mes frères, qui êtes des héros de l’espérance, grâce à vous, les implantations vont grandir et se renforcer”, a-t-il indiqué dans un communiqué.

Yehudah Glick, du Likud, les a également remercié pour leur “combat plein de respect”, leur « prise de position éthique” et leur “décision courageuse”.

Netanyahu : personne ne se soucie des implantations comme mon gouvernement

Pendant la réunion hebdomadaire du cabinet, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche que son gouvernement avait montré plus d’amour aux Israéliens habitant en Cisjordanie qu’aucun autre, et a appelé les habitants de l’avant-poste d’Amona à accepter un accord leur demandant d’évacuer pacifiquement leurs maisons en échange de l’installation sur un terrain voisin de la majorité des familles de l’avant-poste.

« Nous avons eu des dizaines de discussions et soumis plusieurs propositions, dont certaines étaient très créatives. Nous avons fait cela par bonne volonté et par amour des implantations ; par amour des implantations, en effet, a-t-il déclaré. Aucun autre gouvernement ne s’est plus inquiété des implantations sur la Terre d’Israël, et aucun gouvernement ne s’en inquiétera plus. »

Netanyahu a déclaré qu’il s’était réuni toute la nuit avec le ministre de l’Education Naftali Bennett et les dirigeants d’Amona pour parvenir à une solution. Il avait cependant été annoncé précédemment qu’il n’avait rencontré que Yossi Dagan, qui dirige le Conseil régional de Samarie.

« Je pense que les dirigeants de la communauté d’Amona, qui étaient ici avec le ministre Bennett dans mon bureau jusqu’au petit matin, peuvent attester d’un simple fait : nous avons fait le maximum, a-t-il déclaré. A présent, je ne peux qu’espérer que les habitants d’Amona, qui discutent actuellement [dimanche matin] cette proposition entre eux, l’accepteront et ceci sera la bonne décision pour eux, pour l’implantation, pour le peuple tout entier d’Israël et pour l’Etat d’Israël. »

Les députés de gauche furieux après l’accord d’Amona

Zehava Galon, présidente du parti de gauche du Meretz, a déclaré que la décision des habitants d’Amona d’accepter la proposition de l’Etat était « importante », mais que cela ne voulait pas dire qu’elle en était heureuse.

« L’accord est un autre prix pour la fraude organisée et le harcèlement politique », a-t-elle déclaré.

Tamar Zandberg, elle aussi députée de Meretz, a été plus crue, et a accusé les habitants d’avoir fait plier le gouvernement, et l’Etat, devant leur volonté.

« Cet accord est un nouveau sommet de la volonté du gouvernement de danser au rythme de 40 familles, qui n’ont aucun problème à piétiner la loi et les intérêts d’Israël », a-t-elle déclaré.