Les habitants de l’avant-poste d’Amona, en Cisjordanie, ont indiqué qu’il n’accepterait pas un projet gouvernemental pour les déplacer vers un terrain voisin. Ils ont sévèrement critiqué le parti HaBayit HaYehudi qui a rejoint les autres membres de la coalition pour soutenir un projet de loi qui n’empêchera pas les bulldozers de raser leurs maisons.

La Knesset a voté lundi en lecture préliminaire un projet de loi qui autorise le gouvernement à reconnaitre les avant-postes construits sur des terrains palestiniens privés, après l’abandon par HaBayit HaYehudi de sa demande d’inclusion d’une clause qui contournerait rétroactivement un jugement de la Haute cour qui ordonne l’évacuation d’Amona au 25 décembre.

Dans le cadre du compromis proposé, les 40 familles qui vivent sur des terrains palestiniens privés dans l’avant-poste seront déplacées vers un terrain voisin régi par la propriété des absents.

Le gouvernement a à cœur d’éviter une répétition de la violente confrontation qui a eu lieu en 2006 à Amona, quand des maisons y ont été démolies en 2006, mais les habitants ont déclaré dans une lettre publiée lundi qu’ils ne bougeraient pas de leur colline de la région de Ramallah sans combattre.

« Nous continuons à nous préparer pour la bataille. Amona ne tombera pas à nouveau », ont-ils écrit. Ils ont appelé leurs soutiens à « être avec nous dans cette protestation populaire ».

Ces derniers jours, des habitants de l’avant-poste ont été photographiés en train de construire de nouveaux bâtiments pour accueillir les milliers de partisans qu’ils espèrent voir venir pour résister à l’évacuation prévue.

Une famille dans les rues de l'avant-poste juif d'Amona, en Cisjordanie, le 28 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Une famille dans les rues de l’avant-poste juif d’Amona, en Cisjordanie, le 28 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

L’idée de déplacer les habitants vers un terrain voisin avait été proposée par le procureur général Avichai Mandelblit. Cependant, les dirigeants d’Amona ont affirmé que cette mesure était une « fausse solution […] détachée de la réalité sur le terrain », et l’ont catégoriquement rejetée.

Ils ont aussi affirmé qu’il n’y aurait pas assez de place sur les nouveaux terrains pour leurs maisons et leurs institutions publiques.

Les habitants ont accusé Naftali Bennett, le président du parti HaBayit HaYehudi, de les abandonner et ont espéré qu’il changerait et amenderait la loi pour qu’elle s’applique à leur avant-poste.

Même sans Amona, la mesure sera probablement portée devant la Haute cour de justice une fois votée, et Mandelblit a déclaré qu’il ne pourra pas la défendre car elle est contraire au droit national et au droit international.

Le point sur la législation israélienne de légalisation des avant-postes de Cisjordanie