Les habitants de l’avant-poste illégal d’Amona qui, le mois dernier, avaient signé un accord avec le gouvernement précisant qu’ils devraient quitter leurs logements sans résistance et volontairement, ont indiqué dimanche ne plus être liés par cette convention. Ils ont également appelé leurs partisans à s’opposer à l’évacuation de l’avant-poste, qui aura lieu début février.

Dans un communiqué, les habitants ont accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de l’Education Naftali Bennett, du parti de droite HaBayit HaYehudi, d’avoir fait des promesses qu’ils n’ont jamais eu l’intention d’honorer.

La Haute cour de justice a répété à de multiples reprises qu’Amona avait été construit sur des terrains privés palestiniens et, dans un jugement final de 2014, avait ordonné l’évacuation et la démolition par le gouvernement de cette communauté située au sommet d’une colline et ce, avant la date du 25 décembre 2016.

Mais après avoir passé un accord avec les habitants d’Amona, et sous l’effet des pressions féroces exercées par les habitants de l’avant-poste et les partisans des implantations à la Knesset, le gouvernement avait obtenu un prolongement supplémentaire de 45 jours à partir de cette date, jusqu’au début du mois de février, auprès de la Cour.

Sous les termes de l’accord passé, il était prévu que 24 des 41 familles habitant l’avant-poste se réinstalleraient sur des parcelles de terre adjacentes, sur la même colline, tandis que les autres habitants rejoindraient l’implantation voisine d’Ofra.

Ce prolongement du délai a été obtenu après que les habitants ont promis à la Cour qu’ils ne s’opposeraient pas à l’évacuation finale. Mais le plan de relocalisation aurait ensuite été arrêté par la revendication d’un Palestinien, qui serait propriétaire de la parcelle de terrain qui avait été désignée.

« Bennett, Netanyahu, » ont publié dimanche sur Facebook les habitants d’Amona, « nous, les habitants d’Amona, avons le sentiment que vous nous avez trompés, nous et la communauté entière, en particulier l’aile droite et le camp nationaliste. »

« Nous vous le disons franchement, nous la communauté d’Amona : nous avons le sentiment que nous avons été trompés, et même trahis, et nous vous tenons personnellement responsables de cette situation, de cette farce. »

 L'avant-poste d'Amona, en Cisjordanie, le 28 novembre 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

L’avant-poste d’Amona, en Cisjordanie, le 28 novembre 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Dans une lettre adressée à Netanyahu et Bennett, les habitants ont déploré qu’aucun travail de construction n’ait commencé sur la colline voisine.

« Le 17 décembre, un accord a été signé entre les habitants d’Amona et les dirigeants du gouvernement d’Israël, ont-ils écrit. Depuis la signature de cet accord, 34 jours se sont écoulés et il ne reste que deux semaines avant l’évacuation ordonnée par le tribunal et la destruction de l’avant-poste d’Amona. Absolument rien n’a été fait. Pas un seul tracteur sur le terrain pour préparer la zone comme vous l’aviez promis dans la convention passée entre nous. »

Les habitants ont indiqué qu’ils n’étaient dorénavant plus liés par l’accord et par conséquent pas obligés à un départ volontaire de l’avant-poste.

« Telles que sont les choses, nous n’avons pas d’autre choix que de reprendre notre combat public et d’appeler nos milliers de partisans à venir rapidement à Amona, ont écrit les habitants. Pour faire tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher l’évacuation prévue. »

Les habitants ont également rejeté toute possibilité de nouvelles négociations. « La seule chose maintenant qui puisse éviter les conséquences du conflit dont vous seuls, ainsi que les autres leaders politiques, êtes responsables, c’est l’adoption de la loi de régulation [permettant de légaliser rétroactivement les avant-postes] et il faut y inclure Amona », ont-ils dit.

Les résidents faisaient référence à une législation proposée et adoptée en première lecture à la Knesset qui légaliserait certains des avant-postes en Cisjordanie.

Si cette législation a depuis été mise de côté, les experts juridiques ainsi que le procureur général ont estimé qu’elle ne pourrait pas s’appliquer à Amona.

Dans la matinée de dimanche, le chef de cabinet de Netanyahu aurait informé les ministres du Likud que le compromis trouvé entre le gouvernement et les habitants d’Amona serait impossible à mettre en œuvre.