Une série de brochures donnant les détails personnels des hommes Haredi servant dans l’armée israélienne ont été distribués dans les milieux ultra-orthodoxes cette semaine, dans le cadre d’une campagne organisée contre les tentatives de « corrompre leur communauté » en avançant le projet d’enrôlement universel.

Sous le titre « Soul Hunters » [chasseurs d’âmes], les brochures se concentrent sur les hommes occupant des postes de recrutement, les décrivant comme des « missionnaires professionnels déguisés en Haredi » qui « ont vendu leurs âmes au diable pour un gain financier ».

L’armée israélienne a condamné mercredi les auteurs anonymes, disant que leurs actions étaient « incompatibles avec les valeurs démocratiques de l’Etat et les valeurs du peuple juif », et ont annoncé qu’ils allaient fournir des copies des tracts à la police.

« L’armée israélienne est en communication constante avec la communauté Haredi, et ces publications ne les représente pas, » a affirmé un porte-parole de Tsahal au site Haredi d’informations Haredim10. « Ceci est de l’incitation [à la violence] contre ceux qui servent, et doit être condamné et dénoncé avec véhémence ».

Une image de la brochure "Soul Hunters" fait le deuil des hommes haredi qui ont été enrôlés dans l'armée israélienne.

Une image de la brochure « Soul Hunters » fait le deuil des hommes haredi qui ont été enrôlés dans l’armée israélienne.

Répartis sur 17 pages, les noms, les adresses, les emplois et les numéros de téléphone des combattants ont été publiés aux côtés de leurs photos.

Les auteurs des brochures ont également ajouté des détails intimes de la vie personnelle de ces soldats. Un soldat a été étiqueté de « Ponevezh, diplômé [Yeshiva] et divorcé », tandis qu’un autre a été décrit comme ayant « abandonné la yeshiva et qui est tombé dans l’armée et a fait une dépression spirituelle ».

On a conseillé aux personnes de rester à l’écart d’ « un homme apparemment ordinaire qui visite les Yeshivas pour donner à l’armée les informations de l’armée sur les personnes qui vont « décrocher » et vont révoquer leur statut d’étudiant de Yeshiva ».

La dernière page de l’un des pamphlets inclut un dessin d’une pierre tombale, entourée par des bougies commémoratives dans un éloge funéraire moqueur pour les « milliers de personnes décédées qui sont tombés aux mains de Givati et Netzah Yehuda », une référence aux vétérans – bien vivants – des bataillons Haredi des Brigade Givati et Netzah Yehuda (familièrement connu sous le nom de Nahal Haredi).

Bien que les accords de coalition entre le parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah et le Likud, parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, promet de changer la législation pour inclure les ultra-orthodoxes dans l’enrôlement militaire obligatoire d’Israël, cela reste une question controversée dans les milieux ultra-orthodoxes.

En octobre, des affiches caricaturant les Haredi servant dans l’armée israélienne représentés comme des porcs ont été collées sur les murs de certains des quartiers ultra-orthodoxes de Jérusalem.

« On m’a envoyé pour confondre les garçons dans les séminaires, et assécher leurs âmes », la caricature du cochon-soldat se vantait dans le texte des affiches. « Je les ai trompé avec des slogans de la Guemara, mais en effet je suis tout autre chose ».

En septembre dernier, les responsables du gouvernement ont déclaré que le recrutement ultra-orthodoxe était en hausse de 39 %.

Le cycle 2013-2014 a vu la conscription de 1 972 jeunes ultra-orthodoxe qui se sont enrôlés dans l’armée israélienne, contre 1 416 en 2012-2013 et 1 327 en 2011-2012, selon le comité chargé de surveiller l’application de la loi.