Selon Yongjie Chen, secrétaire général-adjoint du Centre chinois pour les échanges économiques internationaux et membre de l’organe décisionnel du Parti communiste chinois, le Politburo, Israël est « le meilleur endroit au monde où la Chine pourrait investir » afin d’acquérir la technologie nécessaire au pays pour résoudre ses problèmes environnementaux et sociaux.

Si la Chine était réticente à embrasser pleinement Israël par le passé, de peur de fâcher les pays arabes, les choses ont changé, explique Chen.

S’adressant au Times of Israel dans une interview exclusive, Chen indique qu’il y a eu un changement important dans l’approche chinoise du Moyen Orient au cours de ces dix dernières années.

« Il est vrai que par le passé, le gouvernement a plus favorisé la partie arabe, mais au cours des dernières années, le gouvernement a mis l’accent sur le développement rapide de la technologie », a expliqué Chen, « et c’est pourquoi la coopération avec Israël qui détient cette technologie s’accroît ».

Chen ne peut pas promettre que la Chine adoptera toujours le point de vue israélien lors des votes des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, « mais vous pouvez voir qu’au cours de ces dernières années, nous avons mené une politique beaucoup plus positive à l’égard d’Israël ».

Chen et près de deux douzaines de représentants du gouvernement chinois étaient présents ici pour le premier Sommet économique entre Israël et la Chine.

Presque tous venaient en Israël pour la première fois, profitant au passage des sites et des paysages de la Nation Start-Up et faisant le tour des technologies qu’ils pourraient emporter à la maison pour les aider à résoudre les multiples problèmes de la Chine.

Plusieurs députés ont assisté au sommet, dont Robert Ilatov, David Rotem et le ministre de l’Agriculture Yair Shamir, et a été organisé par un groupe appelé Israel China Interflow Association (ICIA).

Une grande partie de la technologie dont la Chine a besoin tourne autour des questions environnementales, selon Chen Gang, maire de la ville de Xianghe, située à l’extérieur de Beijing.

Bien que la Chine ait la réputation d’ignorer ses problèmes, Gang et d’autres fonctionnaires du voyage ont été francs en décrivant les problèmes que connaît le pays.

La Chine est un grand pays, et les différentes parties du pays placent un accent différent sur ​​le genre de technologie qu’ils veulent développer.

Dans la région de Beijing, ce serait la technologie verte, a déclaré Gang dans un entretien mercredi au deuxième jour du sommet. En raison de la forte pollution à Beijing et sa banlieue, « les technologies environnementales, les technologies de l’eau et les systèmes d’énergie renouvelable sont très importants pour nous ».

Alors que c’est sa première visite en Israël, Gang découvre juste la haute technologie israélienne, mais est déjà très impressionné.

Chen est également très impressionné. Bien qu’en Israël pour la première fois, Chen connaissait tout de ​​la technologie israélienne en raison de son travail dans le domaine de la politique économique.

« Je savais qu’Israël était un leader dans la technologie, et je savais aussi que ces réalisations étaient hors norme pour une nation de cette taille, c’est le type de technologie que vous attendriez à voir dans les grands pays, mais vous devez venir en Israël pour comprendre ce que le terme ‘Nation Start- Up’ signifie vraiment ».

Ces mots seuls, dit-il, ne peuvent pas exprimer le niveau de l’innovation et de l’entrepreneuriat en Israël.

À la séance plénière de l’ouverture du sommet mardi, un plan a été dévoilé pour un énorme parc industriel de haute technologie qui va être développé à Xianghe, un comté à 45 km en dehors de Beijing.

Une partie du parc va être dédiée à l’innovation israélienne dans la haute technologie dans le but de rapprocher les sociétés israéliennes et les installations de recherche qui serviront de point d’entrée au marché chinois.

« Nous, le gouvernement d’Israël, faisons tout notre possible pour éliminer les obstacles et encourager une meilleure coopération commerciale entre les deux pays », a déclaré Shamir au sommet. « Je conseille à tous de marcher côte à côte, main dans la main, afin de renforcer le développement économique entre les deux pays ».

La délégation a été accueillie par le caucus de haute technologie de la Knesset, présidé par Esti Peshin, directeur des cyber-programmes au Israel Aerospace Industries, et organisé par l’ICIA.

L’ICIA est une nouvelle organisation dont le but est d’initier et de favoriser les affaires entre la Chine et Israël en connectant les entreprises israéliennes et les entrepreneurs avec des investisseurs chinois.

Avec des bureaux situés en Israël et en Chine, l’ICIA « est particulièrement bien placé pour aider les entreprises israéliennes à développer leurs réseaux, établir des relations clés et réaliser avec succès leur entrée sur le marché en Chine », a déclaré Remy Reinstein, le PDG du groupe, qui a contribué à mettre en place le marché pour amener la technologie israélienne dans la région Xianghe.

« Israël est un expert en agro- technologie et en gestion de l’eau, de l’irrigation, des semences transgéniques, des pesticides, des fermes de poissons et beaucoup plus. »

« La Chine a le capital pour financer nos start-ups, pour développer nos produits et de les commercialiser dans le monde. L’ICIA a des centaines de clients, des partenaires, des investisseurs et ses sociétés de capital-risque en Chine en attente pour faire des affaires avec Israël », a déclaré Reinstein.

En raison des défis que représente le lancement d’une affaire en Chine, les services offerts par l’ICIA sont essentiels. La langue, la culture et les questions juridiques, dont beaucoup sont difficiles à comprendre pour les Occidentaux, et plus encore à surmonter, agissent souvent comme un frein et découragent les entreprises israéliennes à faire des affaires en Chine.

Avoir un « agent » sur le terrain pour le compte d’une entreprise, négocier avec les autorités compétentes et les aider à surmonter les obstacles est essentiel, selon Reinstein.

Bien qu’il existe un certain nombre de compagnies qui offrent ces services, l’ICIA a un as « dans sa manche » – un représentant sur ​​le terrain en Chine, qui peut aider à aplanir le chemin pour les entreprises israéliennes qui cherchent à faire des affaires.

L’ICIA n’a pas ses racines en Israël, mais en Chine.

Elle a été créée par David Liu en 2011 avec l’intention expresse d’étendre le développement technologique entre les deux pays. « Je suis arrivé en Israël en 1999 en tant qu’étudiant et j’ai adoré », a déclaré Liu.

« J’ai été très impressionné par la scène technologique et j’ai décidé d’essayer et d’importer ‘l’esprit start-up’ d’Israël à la Chine ».

Il y a quelques mois, Liu a décidé que le processus serait plus simple si les Israéliens participaient eux aussi, et avec Reinstein ils ont ouvert un bureau de l’ICIA en Israël.

L’une des plus grandes préoccupations pour les pays occidentaux et Israël entrant sur le marché chinois a été la protection de la propriété intellectuelle.

Chen a admis que cela est en effet un problème pour la Chine – mais a promis que les choses changeaient. « Ici aussi, nous voyons des politiques qui mèneront à une meilleure application de la loi », a-t-il indiqué.

« Bien que nous ayons eu des lois protégeant la propriété intellectuelle pendant des années, les lois n’ont pas toujours été appliquées de manière uniforme, de sorte que de nombreuses entreprises occidentales craignent que leur propriété intellectuelle ne soit pas protégée. »

« Le gouvernement a mis beaucoup de ressources pour le faire, et nous allons faire en sorte que la loi soit respectée. Croyez-moi, nous ne plaisantons pas ».

Chen a quelques conseils pour les start-ups israéliennes qui cherchent à entrer sur le marché chinois. « Il y a trois principaux problèmes à surmonter : apprendre nos règlements et nos lois, comprendre notre culture et notre mentalité et intégrer notre style de gestion ».

Dans le passé, cela représentait un formidable défi, peut-être un peu trop formidable pour la plupart des gens, mais, grâce à des organisations comme l’ICIA, le processus est beaucoup plus facile.

« Construire cette entente entre les deux pays est la clé de l’expansion de nos relations d’affaires », a déclaré Chen. « Je crois que le ‘mystère’ de la Chine comme une entité inconnue a été l’une des principales raisons pour lesquelles jusqu’à présent les relations d’affaires n’ont pas fleuri. »

« Quand vous y réfléchissez, un partenariat Chine-Israël est tellement logique pour les deux parties. Vous avez la technologie et nous avons les marchés et les occasions d’affaires. Qu’est-ce qui pourrait être mauvais ? »