JTA – Les héritiers du ministre de la Propagande d’Hitler semblent être incroyablement peu soucieux d’apparaître comme impitoyables dans les médias.

Habitués depuis longtemps à profiter des réimpressions du journal intime de Goebbels (portant sur une vingtaine d’années), les descendants de ses frères et sœurs (lui et sa femme Magda ont empoisonné leurs six enfants peu de temps avant de se donner la mort alors que l’Armée rouge avançait vers leur bunker de Berlin) sont scandalisés de voir que l’éditeur de Random House refuse d’en faire autant.

Ils exigent des droits d’auteur de l’éditeur de Random House pour l’utilisation d’extraits du journal dans une nouvelle biographie en langue anglaise, « Goebbels » de Peter Longerich.

Mais le département allemand de Random House refuse, affirmant que ce serait « immoral » de payer pour les écrits du chef nazi.

« Ce criminel de guerre n’a certes pas commis d’actes de ses propres mains, mais par ses mots », a déclaré à la presse Rainer Dresen, un avocat de Random House.

« Ces mots ont prolongé la guerre… (et) ne doivent pas rapporter de l’argent… à (ses) héritiers. »

Dresen a révélé au Daily Mail que Random House était la première maison d’édition à refuser de payer des droits pour l’utilisation des journaux de Goebbels.

Dresen a ajouté qu’il aurait consenti à payer si la famille de Goebbels avait accepté d’en faire don à un organisme de bienfaisance lié à la Shoah, mais la famille – par la voix de leur représentante Cordula Schacht, qui se trouve être la fille de Hjalmar Schacht, ministre de l’Economie sous Hitler – aurait refusé.

Pour Longerich, le biographe de Goebbels, le cas est « non seulement une question de morale, mais de professionnalisme pour un historien ».

« Si vous acceptez que Schacht contrôle les droits des journaux de Goebbels, alors – en théorie – vous lui donnez le droit de contrôler la recherche », a-t-il affirmé.

La biographie de Longerich est sortie en allemand en 2010, une édition en langue anglaise de l’ouvrage sera publiée le mois prochain.

La question doit être tranchée au tribunal le 23 avril.