L’homme préhistorique aurait appris à maîtriser le pouvoir du feu il y a environ 350 000 années dans l’ancien Levant, selon une nouvelle étude publiée par des chercheurs israéliens.

On a retrouvé dans la grotte de Tabun (un site archéologique à 15 km au sud de Haïfa) des traces de vie humaine qui datent de de plus d’un demi-million d’année. Ces traces permettent, d’après l’étude, d’identifier la période à laquelle les humains ont maîtrisé le feu et ses utilisations.

L’étude, dirigée par l’archéologue Ron Shimelmitz de l’université d’Haida et publiée dans le Journal of Human Evolution de ce mois-ci, est fondée sur le postulat que « l’utilisation du feu est devenue régulière et même quelque chose de permanent dans l’adaptation des hominiens lorsqu’ils ont trouvé une solution au défi technique d’allumer et surtout de maintenir le feu ». Pour l’équipe de chercheurs, il était évident que des preuves archéologiques devaient exister.

L’étude des strates du sol aux alentours de la grotte située à 15 km au sud de Haïfa révèle qu’il y a environ 350 000 ans, quelques pierres ont été exposées à une chaleur intense. Après cette période, on a retrouvé un grand nombre de pierres qui avaient une coloration rouge et noire, des craquelures, et des petites dépressions sur leur surface qui sont les signes typiques que l’on retrouve sur une pierre exposée au feu.

Les résultats de cette étude sont cohérents avec les données relevées sur les autres sites archéologiques de cette région. Cela signifie que les humains présents dans l’est de la Méditerranée ont appris à maîtriser le feu à peu près à la même période, explique Shimelmitz dans le Science magazine.

Plus tôt cette année, une équipe dirigée par la professeure Ruth Shahack-Gross de l’institut Weizmann, a découvert un dépôt de cendres et de bois mélangé à un peu de terre et des os dans la grotte de Qesem, près de Rosh Haayin dans le centre d’Israël. Ce dépôt a été exposé à une grande température à plusieurs reprises, et cela apporte une « preuve concluante qu’à cet endroit il y avait un grand foyer de
feu ». La découverte de Qesem date d’il y a environ 300 000 ans.

« La période exact à laquelle l’utilisation du feu est devenue partie intégrante du comportement humain est une chose majeure pour que nous puissions comprendre plusieurs étapes importantes de notre évolution », explique Shimelmitz dans son article. Cela « inclut les changements anatomiques, la dispersion des hominiens dans les régions tempérées, ainsi que l’augmentation des interactions sociales dans les camps. »

Les preuves apportées par les sites de Tabun et les autres sites fournissent « des données denses dans le temps et dans l’espace, chose qui n’existe pas ailleurs », écrivent Shimemitz et ses collègues.

Ces silex altérés par la chaleur « nous indiquent non seulement l’époque où l’utilisation du feu est devenue habituelle, mais ils prouvent aussi que les humains ont maîtrisé l’art d’allumer un feu », écrivent-ils.